Un discours ! Un discours ! Comment faire un discours en entreprise ?

discours-en-entrepriseC’est toujours un moment embarrassant. Enfin, on espère. Parce que ceux pour qui ça ne l’est pas (les pros du « moi je ») sont rarement les plus intéressants à écouter… Que l’on soit manager ou pas, on doit tous au moins une fois dans sa vie d’entreprise passer par la douloureuse épreuve de la prise de parole en public. Un petit speech qui ne paie pas de mine, mais sur lequel on vous jugera, soyez-en sûr. Alors, oui, vous avez raison de vous mettre la pression. Mais heureusement, avec un peu de préparation, ça devrait passer comme une lettre à l’heure à La Poste. Plan d’attaque.

Le discours « je suis nouveau »

C’est le plus difficile. Vous ne connaissez personne, vous ne pouvez même pas vous appuyer sur un collègue-ami qui vous sourira pour vous encourager.

Face à vous :

loups-colleguesSource photo : Free Images

Le contexte : vous débarquez dans une entreprise qui a son histoire et ses casseroles. Vous avez de grandes chances d’être mal vu d’entrée de jeu. Dans le pire des cas, vous remplacez un collègue qu’ils adoraient, dans le meilleur, ils n’ont rien contre vous, mais se méfient quand même de cette nouvelle tête qui est dans les petits papiers du boss… Autant dire que vous êtes en terrain miné.

Votre plan de discours :

  1. Petite phrase emprunte d’humilité façon « waouh, je suis un peu intimidé ». Ok, c’est niais, mais ça vous donnera un côté humain et en face, ils seront contents de constater que le pouvoir est encore de leur côté.
  2. Présentation CONCISE. Nom, prénom, poste que vous allez occuper, ancien poste. Ne racontez pas dans les détails d’où vous venez, sinon vous risquez de les agacer, surtout si vous avez un joli parcours.
  3. Ajoutez votre vision du nouveau poste. La façon dont vous voyez votre nouvelle mission. Cela démontrera que vous avez de la suite dans les idées et que vous êtes un homme d’action, avec de vrais projets. N’en faites pas trois tonnes. Exemple pour un responsable informatique : « mon objectif est d’emmener l’entreprise vers davantage de fluidité ». Pour un responsable marketing : « je suis là pour assurer aussi une transition vers un marketing plus moderne »… etc. Même si vous êtes tout en bas de la hiérarchie, faites cet effort qui sera notamment apprécié de vos managers.
  4. Situez la hiérarchie. Quand un nouveau arrive, c’est parfois flou. Vos supérieurs apprécieront également que vous ne jouiez pas les sauveurs en solo et rappeliez à tous que vous ne seriez rien sans eux… Précisez donc : « je travaillerai sous l’autorité de Jean-Marc, dans le service Tartenpion, et en collaboration avec les équipes X, Y, Z ». Évitez d’entrée de jeu les expressions comme « mon équipe » : vous n’êtes pas encore suffisamment légitime aux yeux des collaborateurs pour vous placer de la sorte au-dessus d’eux !
  5. Ajoutez enfin un petit truc personnel, histoire d’humaniser. « Je suis aussi papa de deux petits garçons qui ne connaissent pas la notion de grasse matinée, donc vous me verrez parfois avec quelques cernes » / « Je suis aussi un passionné de basket, on se croisera peut-être à des matchs si certains suivent la même équipe ».

 

Le discours « ça ne va pas du tout »

En face de vous :

chats-apeuresCrédit : Free Images

Le contexte : ils savent déjà que ça ne va pas. Et qu’il y aura plus de reproches que de cacahuètes-mousseux à votre discours. Ils sont donc soit effrayés, soit sur la défensive, et dans tous les cas, ils se demandent à quelle sauce ils vont être mangés. L’enjeu : être clair et ferme tout en faisant preuve d’empathie pour que votre discours ne reste pas vain mais soit suivi de résultats.

Plan de discours :

  1. Les faits. Évitez les jugements personnels, les dramatisations excessives. Juste des chiffres ou des constats pour exprimer ce qui ne va pas. Vous prendrez soin de ne nommer aucun collaborateur en particulier, sinon, soyez sûr que vous aurez ensuite un ennemi à vie. (Par ailleurs, si le problème est lié à une personne, convoquez-la directement, pas la peine de rameuter tout l’open space).
  2. L’explication que vous en faites. Naturellement, vous ne demanderez pas aux gens dans la salle de « bien vouloir vous expliquer la situation », on n’est pas à l’école… Vous commencerez par donner votre propre analyse, en tenant compte des sources d’agacement habituelles de vos collaborateurs pour montrer qu’elles sont entendues. Exemple : « l’une des causes de cet échec est, comme vous le dites souvent, le manque de matériel informatique. J’en ai conscience. Mais il y a aussi un manque de communication entre vous… ». (Vous verrez, ça vous évitera de perdre une demi-heure comme la dernière fois sur l’histoire du matériel…). Endossez enfin clairement la responsabilité du problème survenu : « en tant que manager, je suis le premier à reconnaître que j’ai failli à ma mission ».
  3. Démontrez les répercutions du problème. Si vous vous contentez d’exposer l’échec sans en démontrer la possible gravité, il est fort probable qu’on juge votre petit speech comme un « simple moyen de mettre la pression » ou pire un besoin de râler… Traduisez concrètement les conséquences de ce que vous reprochez à vos équipes : impact sur le chiffre d’affaire, client en passe de passer le concurrent, perte de temps de 30 heures au total dans le service…
  4. Exposer les solutions envisagées et vos attentes claires vis-à-vis des équipes.
  5. Finissez sur une note positive si l’atmosphère est trop crispée… «Ce soir c’est le week-end, profitez-en bien, d’autant que la piscine municipale rouvre ses portes. Et on se retrouve lundi pour reprendre sur de bonnes bases ».
Le discours « pot de départ »

En face de vous :

collegue-en-pleurCrédit : Photl

Le contexte : si vous partez, à moins que ce ne soit à la retraite, c’est toujours parce que votre lune de miel avec l’entreprise a pris fin plus vite que prévu. Il est fort probable que vous ne soyez pas en odeur de sainteté au moment de ce dernier discours. Il y a aussi de grandes chances pour que votre départ remue tout un tas d’émotions chez vos collègues (tristes pour vous, ou pour eux, de rester). Et enfin, il se peut aussi que le seul discours que vous ayez envie de faire se résume à : « enfin !!! C’est pas trop tôt, j’en pouvais plus de ce préavis ».

Votre plan de discours :

Tout d’abord, assurez-vous d’avoir mis au point mort vos émotions avant d’attaquer le speech. Soyez sobre, dans les deux sens. Vous n’êtes pas irremplaçable, donc ils vont s’en remettre. Et de votre côté, vous quittez une boîte, pas l’intégralité de votre famille pour partir au front…

  1. Resituer le contexte de votre départ. N’oubliez pas que partir dignement, c’est partir sans se fâcher avec personne. Arrondissez les angles donc, et débrouillez-vous pour que votre discours reste positif. Vous pouvez très bien dire « je pars, comme tout le monde le sait, parce que nous avions des divergences de point de vue avec Jean-Patrick. Peu importe, je garderai un très bon souvenir et je remercie Jean-Patrick pour toute cette expérience ». Et si vous avez un nouveau poste, évidemment, vous utiliserez le classique « je pars pour de nouveaux horizons » (ne dites pas « nouvelles aventures » s’il vous plait, ça c’est pour les gens de la télé réalité).
  2. Remercier deux-trois de vos collègues préférés. Vous leur devez bien ça, ils vous ont supporté à la cantoche pendant cinq ans !
  3. Introduire votre remplaçant s’il est déjà là. La petite phrase fair-play pour lui souhaiter « tout le bonheur que vous avez eu pendant toutes ces années ».
  4. Finir sur une note positive : vous souhaitez le meilleur pour la suite à l’entreprise et à ses collaborateurs…
  5. Avouez que c’est vous qui avez cassé l’imprimante du second étage. Finissez sur une blague, ça lance toujours mieux une soirée.
Le discours « anniversaire »

En face de vous :

collegues-pot-anniversaireCrédit : Photl

Le contexte : normalement, pas trop mal. Si vos collègues prennent la peine de vous organiser un anniversaire, c’est qu’a priori, aucun piège n’est dans la place.

Votre plan de discours :

  1. Merci. Je suis vraiment très touché, blablabla… Mais attention, par pitié, ne tombez pas dans les déclarations top fayot du type « vous êtes plus que des collègues, vous êtes une famille ». Rappelez-vous que si c’était vraiment votre famille, vous ne seriez pas en train de trinquer au Fanta.
  2. J’ai XX ans. Vous ne savez pas quoi dire une fois passés les « mercis » ? Parlez de votre âge, c’est encore le plus simple. Les plus jeunes feront une plaisanterie sur le fait qu’ils sont en train de devenir Sénior (ah ah). Les plus âgés, une boutade en s’inventant un âge plus jeune (ah ah ah). Faites simple et abrégez, dites-vous bien que tout le monde attend pour boire son verre.
  3. N’oubliez pas de remercier Duboss : ça, ce n’est pas être fayot, c’est être poli (et un peu malin, d’accord). Le pot n’a pas lieu chez vous, mais au boulot, alors un petit mot pour remercier la boîte de vous autoriser cette petite sauterie ne sera pas du luxe.

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