SOS, on m’a pris en grippe au boulot…

etre-pris-en-grippe-travailC’est de saison ! Et cette grippe là est bien plus vicieuse que celle qui vous cloue au lit avec 40°C. Parce qu’elle ne se soigne pas avec quelques cachetons et peut durer bien plus qu’une semaine. Méfiance… Le mois de janvier est propice à l’épidémie : avec son lot de mauvaises humeurs et d’agendas qui débordent à peine l’année entamée, elle a vite fait d’attaquer la bonne foi des managers et de contaminer les salariés les plus dévoués. Du jour au lendemain, vous le sentez, on ne vous aime plus, pire on est en train de vous rhabiller pour les trois saisons à venir, et la douleur s’accélère sans qu’aucune de vos bonnes intentions ne puisse l’arrêter. Vous êtes pris en grippe. Ordonnance.

 Le diagnostic : être sûr que les symptômes sont bien là.

Il ne suffit pas d’une petite réflexion bien sentie pour que vous vous autoproclamiez « pris en grippe ». Martine du 3ème qui vous fait remarquer que son fils de douze ans gèrerait mieux les projets que vous… Ou votre boss qui vous regarde de travers parce qu’il y a déjà deux gobelets de café sur votre bureau à 10h du matin… Ça c’est juste le quotidien sympathique de la plupart des salariés.

Pour être déclaré pris en grippe, il faut remplir plusieurs critères :

  • L’accumulation. De reproches. De critiques. De vexations.
  • La répétition. Chacun de vos faits et gestes agace votre entourage professionnel. Y compris vos réussites.
  • Le statut de vos détracteurs. Il faut au moins que dans la boucle de vos bourreaux, il y ait un manager, un salarié aimé du manager ou un salarié qui se va se faire aimer du manager qui s’ennuyait jusque là et est bien content que son petit rapporteur vienne lui servir votre chair fraîche sur un plateau.
  • L’incohérence des faits reprochés. Parce que, si effectivement vous arrivez tous les jours en retard ou que vous avez planté le dossier du siècle, votre manager fait juste son travail en vous remettant en place. Quand on est pris en grippe, on ne nous reproche pas de vraies erreurs, mais une somme de motifs très flous. Des reproches farfelus, que, malgré tous nos efforts, on ne parvient pas à comprendre.
Le traitement de crise

Vous le savez, les antibiotiques, c’est pas automatique. Les tentatives d’améliorations d’une situation par la raison en entreprise non plus. N’allez pas, sous couvert de vouloir vous comporter en adulte, tenter de régler la situation de façon responsable, en prenant rendez-vous avec votre chef par exemple. Surtout pas. S’il est manager du genre à prendre des boucs émissaires pour s’occuper, vous ne croyez quand même pas qu’il va se remettre en cause en une heure d’entretien ? Au contraire, aller à la confrontation, c’est le meilleur moyen de l’énerver encore plus : vous allez mettre les pieds dans le plat alors que sa principale source de jouissance est dans le non-dit. C’est un peu comme si vous tentiez d’imposer à un enfant de chanter des comptines alors qu’il est en train de jouer à la console : pour bien communiquer, il faut se placer du point de vue de l’autre et non du sien.

  • Étape 1 : faites-vous oublier tout en restant présent…

discretion-travailOn pourrait penser que fuir est une bonne option (déserter la machine à café, la cantine, prendre un mois de vacances) : non. Ça ne fera qu’alimenter la critique : non seulement vous êtes un bon à rien, mais en plus on ne vous voit plus nulle part, preuve que vous êtes démotivé. Continuez donc à participer à la vie de l’entreprise, mais en mode passif. Évitez toute prise de position en réunion, ne donnez plus votre avis mais allez dans le sens de la majorité, oubliez les nouveaux projets que vous souhaitiez proposer, arrêtez les initiatives.

Bref, écrasez et ne vous faites plus remarquer. Tout en gardant le sourire, et pas ironique le sourire hein ? Durée de la prescription : 1 mois.

  • Étape 2 : surprenez vos détracteurs.

surprise-colleguesNe croyez pas que vos tortionnaires vont se contenter de votre soudaine discrétion pour vous lâcher. L’étape 1 est juste là pour court-circuiter la montée en puissance de votre descente aux enfers corporate et ne plus donner d’eau au moulin de vos collègues. Mais il leur en faudra plus que ça pour arrêter complètement la torture. Il faut donc les surprendre pour casser leurs schémas de raisonnement. Inutile de chercher à vous améliorer sur les points qu’ils vous reprochent puisque comme nous l’avons vu, les fondations de leurs critiques laissent à désirer. Exemple : s’ils vous accusent d’être la feignasse de service et que vous vous mettez subitement à faire 70 heures par semaine, vous cautionnez leur jugement et leur donnez juste envie de trouver un autre motif de réprobation. Par contre, surprenez-les : allez là où on ne vous attend pas. Proposez gentiment votre aide un jour de charrette à l’un de vos détracteurs, rejoignez un groupe de réflexion de l’entreprise auquel vous n’accordiez pas d’importance il y a une semaine, changez votre façon de travailler sur un projet. Bref, ne faites pas mieux, faites différent. Durée de la prescription : 1 mois.

 

  • Étape 3 : retournez un détracteur.

???????????????????????????????Choisissez-en un suffisamment influent pour que son changement d’avis sur vous porte ses fruits (sur les autres). Il y a de grandes chances pour que cette personne manque cruellement d’intelligence (sinon pourquoi s’acharner du jour au lendemain sur un innocent salarié ?), mais soit pourvue d’un égo surdimensionné (pourquoi avoir besoin de dire du mal d’un autre si ce n’est pour mieux se valoriser ?). C’est donc très simple : passées les deux premières étapes, trouvez un prétexte pour la brosser dans le sens du poil. Demandez-lui conseil en prenant soin d’introduire votre démarche avec force flagorneries. C’est le roi du Power Point, peut-il vous aider à vous améliorer ? C’est la reine du management, que pense-t-elle de votre projet pour tel collaborateur ? N’hésitez pas à verser dans le commentaire personnel également : vous adorez ses vêtements, sa coiffure, la photo de ses enfants, son fond d’écran. Intéressez-vous sincèrement à lui et faites en sorte qu’il se sente galvanisé par vos échanges. Durée de la prescription : 1 à 2h de traitement de choc, puis par doses homéopathiques, entretenez vos flatteries.

Le traitement de fond

jeu-echecsMaintenant que vous allez mieux, il s’agit de ne pas rechuter. Difficile d’anticiper quand on travaille avec des personnes qui se nourrissent quotidiennement de petites histoires et fourberies.

Il y a toutefois des profils plus à risques que d’autres, essayez de ne pas en faire partie.

  • Ne soyez pas « trop ». Restez discret. Dans un environnement de ce type, toute mise en lumière peut a posteriori s’avérer nuisible. Évitez donc d’être le collègue trop parfait, ou celui qui fait trop marrer tout le monde, celui qui réussit un peu trop, celui qui est trop gentil. Visez la moyenne et zappez les mentions.
  • Posez une porte blindée sur votre sensibilité. Ayez l’air constant, intouchable, toujours un peu extérieur aux évènements. Les grands sensibles ont la vie dure en entreprise. C’est toujours plus intéressant de s’en prendre à une personne que l’on sait perméable aux critiques qu’à un mur qui ne dévoile jamais ses sentiments. Donc dans la joie comme dans la tristesse, évitez les soubresauts, et prenez sur vous pour que, de 9h à 18h, les évènements glissent sur votre cuirasse et ne vous atteignent pas.
  • Observez et relativisez. Vous n’êtes pas le seul à qui ça arrive. Les bouc-émissaires se succèdent même très rapidement. Regardez comment ça se passe pour les autres : ce qui déclenche les tourbillons de critique, ce qui fait basculer votre boss de l’agacement à l’obsession, les protagonistes que vous retrouvez systématiquement au cœur des mêmes conflits. Et comprenez que tout cela n’est qu’un jeu, le jeu parfois troublant et bien triste de certaines entreprises. Dites vous que la tempête qui menace aujourd’hui au-dessus de votre tête pourrait dès demain passer sur celle du voisin. En un mot, souriez de tout cela et relativisez.

Crédits photos : Stockvault, Stock Photo

2 Commentaires
  • entreprisesfrance.com
    janvier 26, 2015

    J’ai vraiment beaucoup aimé ton article, j’espere en lire de nouveaux prochainement

    • l'équipe weepil.fr
      janvier 26, 2015

      Merci ! Sois le bienvenu sur notre blog 100% corporate! 😉

      A bientôt!

      L’équipe weepil.fr

Écrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *