Remplacer un collègue en congés : 7 pièges à éviter

Il y a ceux qui partent… ??????????????????????????????????????????????????Et ceux qui travaillent double. Mais ne ronchonnez pas trop, bientôt ce sera votre tour de vous envoler. Cela dit, en attendant, il va vous falloir assumer les classeurs de « Steph » en plus des vôtres, pendant ses quinze jours de bronzage à Majorque. Et là, vous passerez successivement par des phases d’étonnement (y a encore des gens qui utilisent des WordArt pour faire des titres ?), de rire (oui, y a encore des gens qui utilisent des WordArt pour faire des titres), d’agacement (pourquoi elle fait des tableaux sous Excel si elle n’utilise pas les formules ?), de haine (elle s’est bien gardée de me dire que ce rapport, qu’elle n’a pas eu le temps de faire, était pour avant-hier). Bref, vous allez partager le travail et l’intime vie de bureau de l’un de vos collègues. En le maudissant, peut-être, mais en évitant aussi avec brio les pièges classiques du remplacement d’un pair en entreprise…

Piège N°1 : faire passer ses dossiers après les vôtres

Certes, vous aviez passer-avant-image2prévenu que vous étiez déjà débordé et que ce remplacement à assumer en plus c’était juste n’importe quoi légèrement inapproprié. Et « ON » ne vous a pas écouté. Alors, vous avez décidé que vous feriez votre boulot, et, s’il vous restait un peu de temps, peut-être un peu celui de votre collègue – tant pis pour ce qui ne passerait pas. TRES MAUVAIS raisonnement. On ne vous a pas entendu AVANT, pourquoi voulez-vous qu’on vous comprenne APRES ? Avec une telle logique, vous ne nuisez qu’à une seule personne : vous-même. Quand votre collègue rentrera de vacances et trouvera ses dossiers restés gentiment pliés sans qu’un dixième n’ait avancé, qu’il s’en plaindra à son supérieur, et que vous vous retrouverez à vous justifier : toutes vos excuses seront disqualifiées. Alors, voyez les choses en face. Ça ne vous fait pas plaisir, mais on vous a confié une tâche : assumez-la. Et si vous n’avez pas le temps de tout faire, priorisez des deux côtés : sur vos dossiers, et ceux de votre collègue, mais surtout ne la jouez pas trop perso.

Piège N°2 : gérer ses dossiers mieux que les vôtres

À l’inverse, les excès de générosité sont à bannir. Pour vous faire bien voir, ou aimer de ce collègue, vous prenez en main ses dossiers avec une abnégation qui frôle le symptôme névrotique. Résultat, quand il rentre de congés, il peut être satisfait : vous lui avez même avancé son boulot de deux à trois semaines. Et vous ? Vous n’avez plus qu’à rattraper votre retard. Sachant que dans deux mois, quand vos projets seront par effet boule de neige à la traîne, personne ne se souviendra de votre sens du sacrifice estival, mais tout le monde se plaindra que vous soyez à la bourre. Donc impliqué et sympa oui, zélé et soumis non.

Piège N°3 : donner votre avis sur son travail

À peine votre collègueavis-rumeur-image3 aura-t-il mis les voiles, que certains vont s’empresser de cancaner sur son compte. Et si vous pouviez alimenter le débat, ce serait parfait pour les pauses café ! Les potentiels détracteurs vous approcheront en douceur, vous demandant innocemment si ce n’est pas trop dur pour vous de récupérer « SES » dossiers, si vous vous y retrouvez dans « SES » façons de fonctionner. Sachez que toute parole un peu trop élaborée que vous émettrez en réponse pourra être sortie de son contexte, déformée, amplifiée. Soyez donc parcimonieux dans vos commentaires. Un très neutre « tout se passe bien, ses projets avancent correctement » suffira à mener au bûcher tout projet de potin dans lequel on vous aurez bien vu complice.

Piège N°4: paraître meilleur

À l’origine, podium-image4une envie de bien faire et d’aider vraiment. Au final, le risque puissance 10 que votre collègue vous haïsse à son retour, prenant votre dévouement pour une obscure ambition de le terrasser. Vous n’avez par ailleurs aucun intérêt réel à briller sur un poste qui n’est pas le vôtre (sauf si vous le briguez : mais là, votre collègue aurait vraiment raison de vous détester). Donc évitez les coups d’éclat et contentez-vous de rendre service à la hauteur de ce qui vous est demandé…

Piège N°5 : paraître moins bon

Il se peut aussi que vous ayez à remplacer un collègue qui joue plutôt dans la cour des grands par rapport à vous… Vous n’allez pas atteindre son niveau en quinze jours, donc autant vous faire une raison et éviter de vous mettre la pression. Mais nul besoin non plus de souffrir la comparaison pendant deux semaines en accueillant en silence les commentaires de ceux qui relèveront vos difficultés. Le mieux est donc d’annoncer clairement la couleur dès le départ : n’acceptez pas de mission que vous vous savez incapable de gérer et proposez par exemple de ne vous charger que d’une partie des dossiers… Puis, évitez pendant le remplacement de vous lancer sur des terrains inconnus. Si votre collègue est le roi de la créativité, mais que de votre côté la dernière idée que vous ayez eue remonte à l’école maternelle, ne vous tentez pas cette réflexion sur les prochaines innovations produits… Balisez le terrain pour votre collègue à la limite (préparez-lui ses plannings, mettez au propre ses budgets, prévoyez ses réunions), mais ne vous lancez pas dans ce sur quoi vous serez de toute façon moins bon.

Piège N°6 : découvrir le pot aux roses

Quand le chat n’est pas là… Il laisse parfois traîner des casseroles qu’il aurait pourtant aimé garder cachées à vie ! Vous, vous tombez dessus par hasard, et là, vous voilà complice de dissimulation de GROS dossier… Vous découvrez un mail que vous n’auriez pas dû lire, une facture dont personne ne soupçonne l’existence, une relation entre votre collègue et une autre personne de la boîte… Une seule solution : oublier ! Et n’en parler surtout à personne (bon, sauf si ce que vous découvrez est passible de prison, là, composez le 17). Restez en dehors des rumeurs et révélations. Votre collègue vous en sera reconnaissant – même inconsciemment -, et votre tranquillité aussi.

Piège N°7 : changer son organisation

Tentant de faireorganisation-image5 comme à la maison… Mais quelle mauvaise idée. Oui, la manie de votre collègue de séparer ses piles de dossiers par des emballages de paquets de gâteaux est peut-être exaspérante. Oui, il n’a sûrement aucune utilité de ce catalogue produits de 2003. Oui, il devrait définir ses zones d’impression autrement sur Excel pour gâcher moins de papier. Mais, assurément aussi, ça va beaucoup l’énerver de ne pas retrouver en rentrant ses ptites affaires comme il les avait laissées. Et surtout, il va peut-être avoir envie de vous rendre la pareille quand à son tour il va vous remplacer. Par conséquent, adaptez-vous, vous n’êtes pas là pour prendre son poste, mais pour faire l’Interim.

Crédits photos : Photl, PhotoXpress, Stock Photo

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