Quand un collaborateur devient bouc-émissaire : peut-on ne pas suivre le troupeau ?

mouton-au-travailLa question a de quoi choquer. Mais dès qu’on prend deux sous de recul sur notre attitude au travail et les compromis moraux auxquels nous contraint la vie de bureau, on peut admettre que la réponse n’est pas si évidente. Big Boss a dans le viseur un salarié et, rapidement, la meute commence à le rejoindre pour encercler la brebis galeuse… Au bout d’un mois, le salarié malmené devient la cible de tous les quolibets. Et bien souvent, la seule issue pour lui sera de quitter ses tortionnaires pour recommencer sa carrière dans des contrées plus paisibles… Vous, vous assistez au spectacle quotidiennement : partagé entre la pitié et l’envie de vous tenir à l’écart de toute cette agitation… Mais vous finissez par vous sentir bien mal à l’aise dans cette position de complice taiseux. Alors, comment réagir ?

Source gif : www.reddit.com

Règle n°1 : ne prenez pas part au lynchage. Jamais.

je-dois-y-allerSource gif : 4gifs.tumblr.com

Même si c’est un collaborateur que vous appréciez autant que votre belle-mère, elle-même appréciée autant qu’une moisissure sur une fraise pourrie : n’en rajoutez pas. Pour deux raisons :

– la première est d’ordre humain, au cas où ça ne vous sauterait pas aux yeux. Votre pauvre collègue – même s’il vous fait les pires misères – est bien assez puni comme ça. Trouvez la part d’empathie qui sommeille en vous et réveillez-la. Vos supérieurs, en faisant une fixette sur ce salarié, donnent dans un management plus que borderline : nul besoin de les imiter. Vous gagnerez facile trois vies bouddhistes et vous vous épargnerez quelques rides de culpabilité.

– La seconde est qu’il n’est jamais bon de tremper dans les embrouilles au boulot. Là, vos chefs sont ravis que vous soyez de leur côté, mais si un jour le vent venait à tourner, tout le monde garderait un petit souvenir bien senti de votre potentiel de jacasserie. Au travail comme aux échecs, on n’est jamais à l’abri d’un retournement de situation. Le bouc émissaire d’aujourd’hui peut très bien réussir à calmer le jeu et à passer le relais à son voisin d’open space. Sorti du pétrin, il aura alors toutes ses aises pour vous rendre la monnaie de votre pièce…

Règle n°2 : intervenez auprès de la direction… si vous en avez la légitimité.

defendre-un-collegue-au-travailSource gif : hoppip.tumblr.com

À savoir si vous êtes le manager du bouc-émissaire en question : il est alors de votre droit et surtout de votre devoir de mettre fin à ses tourments. Maniez les cartes habilement tout d’abord : en l’exposant moins sur des dossiers sensibles, en partageant avec lui la responsabilité des échecs d’un projet, en attirant au contraire l’attention des big boss sur ses qualités. Si vraiment rien ne s’arrange, il faudra prendre votre courage à deux mains pour demander à vos propres N+1 de pacifier la relation. On ne dit pas que c’est simple, mais cela fait partie intégrante des fonctions du manager que de protéger et porter ses équipes.

Autre cas de figure où votre intervention est justifiée : vous travaillez étroitement avec ce collègue malmené. Si c’est un co-équipier, son lynchage vous concerne indirectement. Ne le lâchez pas et proposer une réunion entre ses tortionnaires et lui, où vous serez à ses côtés pour tenter de ramener tout le monde à plus de bienveillance… Quand vous surprenez des discussions qui frôlent la moquette à la machine à café, n’hésitez pas de la même façon à vous en offusquer. En bref, défendez votre collègue. Question de dignité et de continuité de votre équipe aussi !

Dans tous les autres cas de figure, il peut être mal venu d’intervenir directement. Vos supérieurs pourraient penser que vous outrepassez vos droits et surtout, qu’on ne vous a pas sonné.

Règle n°3 : si vous ne pouvez pas alpaguer les boss, tournez-vous au moins vers des autorités plus légitimes pour agir !

helpSource gif : http://televisioncrushtournament.tumblr.com/post/45753557007/april-v-elaine-can-you-imagine-these-two-women

À défaut de demander directement au PDG de bien vouloir arrêter le harcèlement de Martine du 3ème, vous pouvez (vous devez) vous tourner vers votre N+1. Restez modéré dans vos propos mais dites ce que vous avez à dire, il n’y a que comme ça qu’une organisation peut bien tourner : il devrait l’entendre. Expliquez que la souffrance de votre collègue vous perturbe, que vous ne pouvez rien faire à votre niveau, mais qu’il serait bon que quelqu’un agisse avant que tout l’open space ne parte en dépression…

Vous pouvez aussi vous adresser à votre représentant du personnel en lui demandant de garder votre anonymat : votre collègue bouc-émissaire n’a peut-être pas l’idée ou l’envie de se défendre, vous pouvez bien lui donner ce petit coup de pouce…

Règle n°4 : soutenez votre collègue : #jesuisMartine.

solidarité-collegues-travailSource gif : tumblr.com

Inutile de passer voir votre collègue-brebis-galeuse quotidiennement pour débriefer de ses dernières mésaventures, vous n’êtes pas psy. Mais un petit mot gentil de temps en temps, un compliment à l’issue d’une réunion ou une proposition de déjeuner peuvent suffire à lui montrer qu’il n’est pas seul…

Attention cependant : ne tombez pas dans l’effet « clan » ! Ce n’est pas VOUS + LUI contre la terre entière : sinon rapidement vous le rejoindrez sur le banc des bannis. Restez neutre : écoutez-le s’il a besoin de parler en veillant à ne pas tomber dans le ragotage. Evitez de donner votre avis. Mais soyez là : pour être agréable, l’aider à parler de sujets plus positifs.

Enfin et surtout : assumez de ne pas suivre le troupeau ; c’est surtout cela qui l’aidera ! Assumez d’être vu avec lui au café, dans son bureau, entraînez avec vous d’autres collègues : comportez-vous comme si de rien n’était. Avec un peu de chance, vous aiderez même à faire retomber le soufflé.

Pas encore de commentaire.

Écrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *