Présentéisme : survivre dans une entreprise qui adore les heures sup’

Il y a plusieurs sens à « présentéisme », dont celui de venir travailler alors que notre état physique et mental réclamerait plutôt l’inverse. Mais celui que nous visons dans ce billet, consiste en la fâcheuse tendance à traînasser ses guêtres au boulot à une heure où on n’est plus censé le faire. Tout le monde a beau dénoncer en cœur la fameuse vanne du « t’as pris ton après-midi ? » quand quelqu’un part à 18h, force est de constater que ça n’évolue en fait pas beaucoup. Quelques astuces pour survivre dans une entreprise qui baigne dans ces mauvaises habitudes.

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1 – Soyez convaincu de l’organisation que vous souhaitez.

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Si vous tenez absolument à votre départ à 18h00 pétantes, parce que vous avez mille choses à faire, tout ira bien côté détermination. Maintenant attention aux volontés molles : si c’est juste pour râler ou par principe que vous ne voulez pas finir tard, vous risquez de ne pas être très clair sur vos positions, et donc rapidement de faire des concessions. Ce qui vous amènera à râler encore davantage, et ne présagera rien de bon pour votre aura corporate. De la même façon, si vous êtes rongé par la culpabilité de « ne pas en faire assez », vous risquez de vous égarer : admettez une fois pour toutes qu’avoir des horaires de travail est à la fois logique et légitime, et ne succombez pas aux petites voix névrotiques qui vous poussent à raisonner image plus qu’équilibre.

 

2 – Dès vos débuts dans l’entreprise, marquez votre organisation.

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C’est le plus difficile, parce qu’on n’ose pas faire différemment des autres. Et pourtant, vous ne devez pas rater cette occasion qui ne se représentera plus : vous n’êtes pas encore « dans le moule » de la boîte, et pouvez donc encore prétendre en ignorer les us et coutumes. Partez à 18h avec le sourire, et surtout tenez bon. Si Chef ou un collègue vous tient la grappe dans le couloir, mettez vite court en proposant un rendez-vous le lendemain matin…

 

3 – En cas de débordement d’agenda, avancez le début de la journée, mais ne reculez pas la fin.

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Ne pas vouloir succomber aux sirènes du présentéisme ne veut pas dire non plus refuser toutes les heures sup’. Il est normal dans une entreprise d’observer des périodes plus chargées et vous avez tout intérêt alors à les assumer sans pataquès. Cependant, ne venez pas ruiner vos efforts en montrant à tout le monde que finalement vous pourriez très bien être toute l’année dispo jusqu’à 20h puisque pendant trois semaines c’est ce que vous venez de faire ! Les habitudes sont vite prises, souvenez-vous. Avancez de préférence votre heure d’arrivée au boulot, ou travaillez chez vous tôt le matin avant de débarquer au bureau. Et pour que tout le monde note votre effort de guerre, vous ne manquerez pas de faire partir les mails qui vont bien à vos collègues à 7h du matin, histoire de montrer que vous aussi, vous savez envoyer !

 

4 – Parler « efficacité » plutôt que « vie de famille » (c’est votre cerveau qui marche mieux le matin, ce n’est pas de votre faute).

 

Il est beaucoup plus judicieux d’évoquer votre volonté d’être au top quand vous bossez et votre rythme de travail personnel (« je suis plus du matin, moi au bout de 8h de boulot, je me concentre moins bien »), plutôt qu’expliquer vos départs à 18h00 par le besoin de vous occuper de votre petite famille. Ce qui a généralement le don d’agacer dans les boîtes amatrices de journées XXL. Soit parce que vous renvoyez les autres à leur propre négligence de ce côté-là (ils savent à peine comment s’appelle leur petit dernier), soit parce qu’ils sont tellement passionnés par leur job qu’ils ne comprennent pas qu’on puisse avoir d’autres priorités. Bref. Parlez le même langage que les workaholics : si vous partez tôt c’est parce que plus rien ne sort de votre cerveau en fin d’après-midi mais qu’à 7 du’m vous pouvez abattre le boulot de trente personnes.

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5 – Dynamiser les journées !

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Quand une boîte tolère, voire affectionne, le présentéisme, elle a aussi tendance à accepter les rythmes de travail un peu confus : les discussions qui s’éternisent, les réunions sans fin, les pauses-déjeuner qui débordent. Ne tombez pas dans le piège, même s’il est tentant ! Respectez stricto sensu les horaires de pause, indiquez une heure de fin pour vos réunions, ne traînez pas au téléphone plus de cinq minutes pour les échanges courants. En un mot : mettez la gomme. Vous avancerez plus efficacement et aurez d’autant moins de scrupules à quitter le navire à l’heure, vu le boulot abattu !

 

6 – Avoir une vie (sympathique).

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La meilleure façon de ne pas tomber dans le présentéisme au fil des mois ou des années est de garder une vie captivante en dehors de son travail. Naturellement, quand on s’occupe de sa famille ou de son chez soi, on peut difficilement enchaîner les vernissages ou les avant-premières en sortant du boulot. Mais forcez-vous à garder des « rendez-vous » au moins une fois par semaine : une sortie, ou tout simplement une soirée spéciale à la maison, un dîner avec les voisins, ou une activité sportive… Le tout est de trouver suffisamment sympathiques les moments où vous n’êtes pas au boulot, pour ne pas finir par préférer traîner au travail. À enchaîner parfois les corvées à la maison, on a tôt fait de trouver finalement plus agréable les réunions tardives entre collègues. Ne confondez pas tout : à chaque mal, son remède. On ne fuit pas sa vie perso au boulot : on l’enrichit pour que le travail ne finisse jamais par prendre trop de place !

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