On se plaint, on se plaint, mais au fond, on aime ça : travailler !

travail-bureauChaque 1er mai, cela n’échappe à personne : on fête le travail en chômant. On aurait du mal à faire plus paradoxal. Est-ce là la finalité : on travaille pour mieux se reposer ? Sur ce blog où toute l’année nous causons « vie de bureau » et rions des travers et fourberies du quotidien des travailleurs, il était temps de se poser LA question : pourquoi travaillons-nous ? Évidemment vous pensez : « pour payer le loyer », ou encore « parce qu’on n’a pas le choix ». Mais les considérations matérielles ne résument pas tout ce qui nous pousse à nous lever le matin. Le travail est un besoin qui dépasse l’appel de la tirelire, et de loin… Chez weepil, on a décidé que les jours fériés, c’était aussi fait pour méditer !

La façon dont notre inconscient collectif voit le travail

escalavageDe tous temps, les hommes ont travaillé. Mais l’image du travail a évolué. L’antiquité le voit plutôt d’un mauvais œil : ceux qui travaillent sont les esclaves. Les nobles esprits n’ont pas à s’abaisser au labeur et doivent plutôt se concentrer sur la culture et l’élévation de leur conscience. Autrement dit, le travail, c’est un truc de plouc. La tradition chrétienne de notre pays n’arrange rien : c’est pour nous punir que Dieu nous oblige à bosser. Mais, les protestants distillent au fil du temps l’idée inverse : le travail est moral, il fait honneur à Dieu, et pour se « racheter » auprès de lui, on a plutôt intérêt à retrousser ses manches. C’est même pour ça que Max Weber situe l’origine du capitalisme dans la morale protestante.

Ensuite, les machines arrivent, et avec elles, les philosophes dissertant sur le pouvoir de la technique. Travailler c’est maîtriser la nature et donc s’élever au dessus de la condition animale. Avec tout ça, le travail finit par avoir la côte…

…Avant que l’ère postmoderne ne jette à nouveau de l’huile sur le feu. La valeur « plaisir » prend de l’ampleur, sacralisant avec elle le concept de loisir. Dès lors, l’idée que la vraie vie commence après le travail s’installe dans les esprits, alors même que moult philosophes dont Kant démontrent par A+B que travailler c’est d’abord et surtout gagner l’estime de soi.

Et voilà, comment à 14h28, après la pause déj, vautré dans votre fauteuil de bureau, vous vous demandez ce que vous faites là, sans doute tiraillé par ces imaginaires contradictoires : une société qui vous dit qu’il vaut mieux être en vacances et un cerveau qui, au fond, n’envie rien à l’oisiveté.

Source : www.philosophie-spiritualite.com

Le travail : un besoin psychologique

Tout le monde connaît la pyramide de Maslow. Elle s’applique aussi à la vie professionnelle :

max-pyramide-742x1024Source : www.psychologuedutravail.com

… Et on constate que la rémunération est tout en bas. Au-delà de ce besoin primitif, il est question pour nous de combler aussi nos attentes sociales et psychologiques par le travail.

Ne pas confondre : ne pas aimer son travail et ne pas aimer le travail

Malheureusement, certains d’entre nous peuvent rencontrer des difficultés dans leur vie professionnelle qui les mènent droit au dégoût du travail. Expérience traumatisante, chômage longue durée, déceptions accumulées : et on se prend à rêver du jackpot à l’Euromillions plutôt que d’une carrière foudroyante. Normal. Mais dangereux, et surtout trompeur. Le travail est un besoin, nous l’avons vu, alors croire qu’en y renonçant on serait plus heureux relève tout simplement du déni.

Le salut passe par le fait de d’abord trouver un travail fait pour soi, et cela commence en priorité par un travail sur soi. Certains passent leur vie à changer de travail et ne voient jamais le bout de leur insatisfaction chronique : en vérité, ils peinent à apprécier leur travail parce qu’ils connaissent mal, à l’origine, leurs besoins profonds, et même peut-être la source de leur mal-être.

Autrement dit, l’idée que seuls les boulots très bien rémunérés, hautement intellectuels et – sur le papier – gratifiants, seraient pourvoyeurs de bonheur est une illusion, qu’on le veuille ou non. On peut avoir un travail tout simple et être parfaitement heureux.

La solution relève aussi de sa propre capacité à s’auto-conditionner dans le bon sens. Répétez-vous tous les jours pendant dix ans que vous n’avez pas envie de travailler et vous aurez sans aucun doute plus de chances qu’un autre de souffrir au quotidien. À l’inverse, arrêter de se projeter dans ce que l’on n’a pas, ce qu’on l’on voudrait, ce que les autres ont… pour se concentrer sur ce qu’on est et fait au moment présent est le meilleur moyen d’avoir les idées claires et de se réjouir plutôt que se lamenter. Oui, vos collègues ne sont pas les meilleurs du monde, mais au fond votre quotidien vous permet quand même de vous sentir utile. Oui, votre chef a des airs de dictateur, mais vous aimez ce que vous faites. Oui, votre travail est pénible mais votre équipe est chouette etc. Une façon de se redire que le bonheur ne dépend pas des autres mais d’abord de soi-même.

Bonne fête du travail à tous !

PS. On vous accorde quand même que passée l’étape méditative, nous avons encore parfois du mal à ignorer les remarques acerbes de Brigitte ou les sautes d’humeur de Duboss… Reste le punching ball ou votre lecture chaque jeudi du dernier billet de 9h-18h.fr !

Crédit photos : Freepik, Picjumbo, Vecteezy

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