Le côté obscur de la vie de bureau : luttons contre les piapiapias

cote-obscur-entrepriseLes piapiapias, les ptites histoires, les ronchonchons… Mais si, vous voyez bien : les bribes de communication qui n’en sont pas et qui prolifèrent plus vite que les germes de rhume dans un open space… On ne parle pas des rumeurs, ça c’est encore autre chose : juste de ce fléau indissociable de toute vie en groupe… Les commentaires toxiques, les fantasmes paranoïaques, les aigreurs à la machine à café qui ne viennent pas du café : le détestable besoin qu’ont certains de tout voir en noir, de monter Pierre contre Paul, puis de rallier Marie à Pierre, pour enfin créer régulièrement et sans relâche une bonne grosse mauvaise ambiance. Alors bien sûr, on les repère vite, les fauteurs de trouble et les pros de la com’ qui pique. Mais qui est le plus coupable quand on laisse faire ? Le côté obscur de la vie en entreprise est loin d’être un détail : ces petits poisons du quotidien finissent parfois par avoir raison de la motivation des troupes. Et ce n’est pas non plus une fatalité… Managers, inutile de vous réfugier plus longtemps derrière l’inexorable excuse de « la nature humaine » : c’est à vous d’agir !

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Étape 1 : repérer un piapiapia et ne pas le laisser filer

ecouter-salariésSource :sublimweb.fr

Définition d’un piapiapia : commentaire et attitude négatifs ostentatoires visant à exprimer son mécontentement. Exemple : le collaborateur qui remplace les cartouches d’encre à la machine et commente à voix haute « on doit tout faire tout ici ! ». En apparence, c’est une râlerie tout à fait anodine et le quidam manager aura tôt fait de penser qu’elle fait partie des petites libertés qu’il est bon de tolérer pour l’équilibre de chacun. Faux. Le principe même de la parole est d’envoyer un message à son prochain. Alors même en vociférant seul dans la salle des imprimantes, ce collaborateur a en réalité bien l’intention que vous l’entendiez. Si, vous, ne le faites pas, soyez sûr que d’autres n’en manqueront pas une miette. Et c’est là qu’on passe d’une mini râlerie à un piapiapia quotidien et généralisé sur « l’organisation de cette boîte qui n’a ni queue ni tête ».

Naturellement, les managers ne vont pas se planquer derrière toutes les imprimantes pour faire un procès à chaque râleur. Mais il est chaudement conseillé de « relever » chacun de ces signaux quand on les remarque et d’y apporter une réponse : « je ne pensais pas que c’était si pénible, en effet, je n’ai jamais changé de cartouche pour tout te dire. Si tu veux, on peut instaurer un tour dans le service pour s’occuper de l’imprimante ». Fin du débat : 9 chances sur 10 pour que le collaborateur rétorque que ce n’est pas la peine, et s’y reprenne à deux fois avant de râler le prochain coup.

Idem pour les grandes messes où, souvent, l’effet de groupe libère les sarcasmes planqués par les bruits de la foule… Big boss présente les résultats de l’entreprise et quelques voix commentent en off pour amuser leurs comparses. L’erreur est encore de laisser filer. Proposez au détracteur du jour qu’il prenne la parole. Ou jouez la carte de l’autodérision : amusez-vous avec vos collaborateurs d’une remarque bien sentie ! E tous les cas, ne restez pas « à côté » du message qu’on essaie bien maladroitement de vous passer.

Étape 2 : distinguer « attitude » et « personne »

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Inutile de prendre en grippe les amateurs de bullshit verbal. Il se peut d’ailleurs que ce soit d’excellents collaborateurs juste en prise avec un problème de communication. Il est essentiel de se forcer à repérer « des attitudes », signes d’une mauvaise ambiance, d’un problème d’équipe, d’une démotivation latente, et non « des personnes ». Tout simplement parce que mettre un salarié au pilori parce qu’il a une attitude négative ne relève pas d’une politique RH mais d’un régime stalinien ! Les entreprises sont d’autant plus riches qu’elles mixent des personnalités et talents différents. Il ne s’agit donc pas de lisser l’expression des uns et des autres mais d’éviter qu’elle prenne des chemins parallèles (et donc incontrôlables).

Étape 3 : si le manager lui-même donne dans les piapiapias, c’est fichu

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Qui n’a pas connu ce paradoxe exaspérant des managers qui réprouvent les piapiapias de leurs collaborateurs tout en remettant eux-mêmes trois couches sur le gâteau des petites histoires de bureau ? Ces N+1 qui passent leurs journées à jacasser y compris avec leurs subordonnés… Forcément, comment voulez-vous que ça s’arrange ? Combien de managers se plaignent d’équipes incapables de s’entendre entre elles et de penser au bien de l’entreprise… alors qu’eux-mêmes ont bien du mal à élever le débat ? Une seule issue existe : que ceux qui dirigent soient dans le rationnel et la bienveillance. On ne s’intéresse pas aux petites histoires d’agrafeuse et de voiture de fonction de Pierre Paul Jacques : on les résout. Ils ne s’entendent pas : parlons-en, mais allons droit au but. Le problème perdure avec Jacques : demandons-lui ce qui ne va pas, pour de bon, en montrant que la seule chose que vous retenez de toute la flopée de blablas inintéressants entendus, c’est son mal-être, que vous allez régler.

Étape 4 : rallier à votre cause une armée d’anti-piapiapias

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Autant les discours Bisounours sur l’importance d’être positif au travail et de chanter l’hymne de l’entreprise chaque matin sont en général assez mal perçus, autant un discours efficace sur le fait qu’il appartient à chacun d’éviter les messages détournés et râleries stériles peut complètement être entendu. Aujourd’hui, les gens ont envie d’être heureux en entreprise : le seul problème, c’est que parfois ils ne savent juste pas comment… Un manager qui régulièrement se montrera imperméable aux petits commentaires qu’on viendra lui rapporter et qui proposera à ses collaborateurs de faire de même sera forcément inspirant. L’intelligence est contagieuse dans une communauté. Faire la guerre aux piapiapias, c’est faire en sorte d’abord que les gens y soient moins réceptifs. Les récalcitrants se trouveront vite isolés et faute d’oreilles pour les écouter, réduiront la voilure de leurs médisances quotidiennes… Mettez du rationnel et de la franchise dans l’open-space, vous verrez : on vous imitera.

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