La différence entre changer de boulot et changer de vie…

comment-changer-de-travailAujourd’hui on a la fâcheuse tendance à promouvoir les grands changements. Quand ça ne va pas, il nous semble curieusement presque plus aisé de tout remettre en question, plutôt que se pencher sur les détails. Un peu comme quand vous êtes face à un placard qui déborde de vieilles affaires, et que vous préférez tout benner plutôt que passer trois heures à trier. On décide de jeter ce qui ne nous va plus. Si la démarche reste sur le fond louable comparée à un embourbement dans l’inertie faute de volonté, elle ne vous met pourtant pas à l’abri de désillusions. Et là, c’est pire que tout. Quand vous avez tout changé, et que les mêmes problèmes vous assaillent deux ans après, vous en venez à être désespéré. Quelques pistes pour y voir clair avant de mener votre révolution…

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Rationalisez votre état d’esprit

Avant de prendre de grandes décisions, essayez d’y voir clair dans vos pensées. Pour cela, un exercice simple peut vous aider.

bilan-personnel-travailRemplissez cette matrice avec le plus de calme et de sérénité possible. Dans chaque case, écrivez ce qui vous plait et ce qui vous pose problème, en essayant de ne pas vous emmêler les pinceaux.

– « J’aime mes collègues » va dans « environnement de travail ». « Je n’ai pas de reconnaissance », aussi. Par contre, « je déteste faire des tableaux xls. » va bien dans « métier ». 😉

– « Je voudrais plus d’argent » ou « je manque de temps » va dans « Ma vie perso ». La case « moi » est pour tout ce qui a trait à votre mental et santé : « je suis fatigué », « je suis stressé » etc.

Ensuite, notez le poids que vous accordez à chacun de vos constats.

Vous classerez vos constats en les numérotant par ordre d’importance, toutes cases confondues.

Essayer de « dater ce poids ». Depuis combien de temps le constat X ou Y a-t-il pris de l’importance dans votre vie ? Moins de six mois ? Plus ?

Établissez les liens de cause à effet. En étant honnête ! Si vous êtes du genre workaholic, votre patron n’a peut-être rien à voir du tout avec votre état de stress chronique. Si vos enfants vous mènent la vie dure faute de temps passé avec eux, ce n’est peut-être pas 100% la faute de votre job. Essayez d’être réaliste en traçant les flèches entre chaque constat pour indiquer qui de l’œuf ou de la poule est arrivé le premier. Cela vous aidera à hiérarchiser les problèmes par ordre de priorité.

De là, vous avez votre base pour mener une réflexion mieux organisée.

Observez ce qui vous importune le plus pour commencer

… et demandez-vous quelle serait la meilleure solution. Si effectivement vous avez les tâches de votre quotidien en horreur, c’est bien votre métier qui vous pèse. Vous aurez alors à cœur d’analyser ce qui vous manque le plus, à travers aussi ce que vous aimez aujourd’hui dans ce que vous faites. Pour caricaturer, vous adorez les réunions, mais plongez dans l’angoisse face de longues journées de travail en solitaire : votre métier ne vous apporte peut-être pas la dose de sociabilité dont vous avez, par votre personnalité, besoin.

À l’inverse, en cas de problème avec ses chefs ou collègues, avant de changer de métier, il faut peut-être d’abord changer d’entreprise !…

Et si c’est au contraire votre état personnel qui vous préoccupe (stress, insomnies, mal-être), il peut être intéressant de se demander s’il découle effectivement de votre job, ou si c’est vous qui avez un rapport complexe au travail. Dans l’idée d’attaquer en priorité ce chantier, avant de changer de métier ou de boîte, sous peine de voir les mêmes effets se reproduire passée l’euphorie de la nouveauté.

Enfin, la vie personnelle reste, qu’on le veuille ou non, indissociable de notre équilibre. Il va sans dire que c’est particulièrement dans ce domaine qu’il faut être attentif à ses besoins. Passer plus de temps avec ses enfants par exemple n’est pas une vaine rêverie, mais un objectif possible à atteindre, pour peu que l’on s’en donne les moyens. Et a contrario, vous pouvez très bien ressentir une forme de culpabilité à ne pas passer plus de temps en famille, sans que vous n’ayez en réalité envie de changer les choses : juste parce qu’au fond, cela vous convient, même si ce n’est pas « socialement » correct de l’avouer…

Différenciez l’anecdotique du durable

Le temps efface tout ou pas ! Disons que si l’un de vos « constats » remontent à plus d’un an, c’est qu’il commence à sérieusement s’impatienter de votre indifférence ! Vous pouvez rencontrer des difficultés passagères, avec votre boss, ou dans votre vie perso. Dans ce cas, la technique du dos rond est encore la meilleure. N’en faites pas une usine à gaz dans votre cerveau : la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais un enchaînement de brouillard, orages, grand soleil. Il faut savoir accepter que tout n’aille pas toujours comme on veut.

Il se peut aussi qu’une petite voix vienne vous murmurer à l’oreille qu’elle n’est pas surprise. Vous rencontrez un problème avec votre chef, et c’est comme par hasard le même constat depuis dix ans, malgré vos changements de poste. Soit vous avez un petit truc à régler avec la figure paternelle de Chef, soit c’est le statut de salarié qui ne vous convient pas…

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En tous les cas, ne dramatisez pas

Parce que dramatiser, c’est la meilleure façon de se tromper. Si l’on a peur de ce que l’on ressent et constate, on peut très bien s’auto-manipuler pour déformer la réalité. Il est par exemple beaucoup plus simple de se dire qu’on a « juste » besoin de changer de boulot, plutôt qu’être lucide sur ses vrais besoins (régler un besoin de reconnaissance excessif, ou admettre qu’on s’est planté de voie).

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Agissez du plus simple au plus complexe

Que pouvez-vous régler là tout de suite maintenant ?

Une impression de « manque de temps » : êtes-vous certain de ne pas pouvoir partir un peu plus tôt le soir du boulot pour vous accorder ne serait-ce qu’une balade de vingt minutes ? Êtes-vous assez organisé côté vie perso pour ne pas crouler sous les tâches quotidiennes et garder une petite heure de loisir, seul ?

La fatigue, le stress et consorts : souvent une question de bon sens. Manger mieux, se coucher plus tôt, éteindre le smartphone pendant tout un week-end, marcher, faire un peu de sophrologie. Vous le savez, ce n’est pas la mer à boire. Décidez juste de vous y mettre.

– Un problème relationnel au boulot : avez-vous déjà essayé d’arranger les choses ?

Quand vous vous serez occupé de ces petits problèmes, pas forcément faciles à résoudre, mais déjà plus simples que changer de métier et partir en Australie élever des kangourous, vous vous sentirez dans une dynamique plus positive. Et c’est sur cette vague-là qu’il faut surfer. Soit, surpriiiise : tout va mieux et finalement vous allez au boulot le cœur plus léger. Soit, il reste quelques montagnes à gravir, mais vous aurez davantage d’énergie et de lucidité pour mener à bien vos projets.

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