Je veux une augmentation : comment faire ?

stockvault-money133001C’est le nerf de la guerre et ce qui fait, en grande partie, que vous vous levez chaque matin : le salaire ! On a beau être heureux dans son boulot, bien s’entendre avec ses collègues, la question finit toujours par se poser : on voudrait gagner plus. Mais il n’est pas simple de parler « argent » à son chef, on nous a d’ailleurs appris depuis tout petit à ne pas « demander » et à attendre qu’on nous donne. Alors, on attend, on attend, on attend… Et on s’impatiente sérieusement. Faut-il ou non se manifester pour demander une augmentation, et comment ?

 

 

Dédramatiser la question du salaire

Souvent la rémunération est le tabou suprême en entreprise. En France particulièrement, on a tendance à en faire tout un foin. Alors que finalement, c’est la base : ce pour quoi on travaille. Un élément comme un autre du contrat. Dans d’autres domaines, on sait d’ailleurs protéger notre tirelire beaucoup plus facilement. Quand un contrat d’assurance devient trop cher, on en change. Quand notre banque nous annonce trop de frais, on râle. Quand on achète une maison, on négocie. Alors pourquoi mettre autant de freins à parler argent au boulot ? Parce qu’on se met en tête toutes sortes de croyances, plus ou moins entretenues par nos supérieurs : on va se faire mal voir si on demande une augmentation, l’entreprise a fait moins de bénéfices donc ce n’est pas le moment d’en parler… Bien sûr il faut tenir compte du contexte et de la personnalité de ses chefs avant d’aborder le sujet dans l’entreprise. Mais il ne faut pas s’arrêter à ces constats pour autant. Sinon, c’est le meilleur moyen de rester dans son coin avec ses frustrations.

 

Évaluer objectivement la situation

magnifying-glass-68207_640C’est le plus difficile. Parce que, concrètement, dites-vous bien que tous les salariés se disent qu’ils mériteraient plus et ont le sentiment d’en faire beaucoup (trop) par rapport à ce qu’ils sont payés. Pour être objectif :

 

 

 

  • mettez de côté les sentiments et contextes personnels. Certes, vous venez de souscrire un crédit sur trente ans et de vous mettre une pression mastoc sur les épaules, mais votre chef n’est pas là pour régler ce type de problèmes. Souvenez-vous qu’une rémunération n’a qu’un seul rôle : servir de monnaie d’échange à un travail réalisé. Oui, à une demande d’augmentation légitimée par un contexte pro. Et non, si elle fait suite à un changement perso !
  • Renseignez-vous. Sur le salaire des autres (vos équivalents, pas la paie du n+3 !), sur les rémunérations types de la profession dans votre secteur. Si vous êtes en dessous, effectivement, vous pouvez entamer une réflexion (ce qui ne veut pas dire foncer dans le bureau du chef avec la photocopie du bulletin de Machin en criant à l’injustice).
  • Évaluez votre évolution dans l’entreprise. Quand vous avez pris votre poste, a priori vous avez accepté un niveau de rémunération : qu’est-ce qui aujourd’hui vous fait penser que vous méritez plus ? Vos tâches ont-elles changé ? Avez-vous permis à votre boîte d’augmenter son chiffre d’affaires ? Avez-vous mené des actions qui ont participé à la réussite de l’entreprise au-delà de votre propre mission ? En résumé : quels « plus » amenez-vous ?

Si malheureusement, vous vous rendez compte qu’au regard de ces éléments, votre demande n’est pas vraiment légitime, peut-être serait-il plus judicieux pour vous de chercher une autre voie pour satisfaire vos ambitions. Si vous êtes frustré de votre rémunération et qu’il paraît difficile dans votre boîte actuelle de trouver une solution, il est peut-être temps d’envisager un changement de poste, d’entreprise ou même une reconversion !

 

Préparer vos arguments

??????????Une fois que vous êtes décidé à demander une augmentation à votre patron, ne vous précipitez pas ! Commencez par demander un rendez-vous à votre chef en évitant encore une fois de dramatiser. Pour cela, plutôt qu’envoyer un mail formel qui aura toutes les chances de ressembler à un ultimatum – ou pire à une procédure prudhommale en préparation -, préférez une demande orale. Dites qu’à « l’occasion », vous aimeriez bien le rencontrer pour faire le point sur votre poste et poser quelques questions. L’idée est qu’il comprenne que vous allez parler « RH » mais pas que vous allez débarquer dans son bureau avec toutes vos revendications. Un seul mot d’ordre : déstressez et ayez l’air de bonne humeur et léger en demandant ce rendez-vous…

Une fois la date fixée, préparez vos éléments. Et écrivez vos arguments. Pour être recevables, ils doivent s’énoncer clairement et objectivement. Si vous avez besoin de trois pages pour rédiger un argument, c’est probablement que vous êtes en train de vous embourber dans le récit de petites histoires de bureau qui ne serviront nullement votre argumentation.

  • Chiffrez. Dès que c’est possible. Vous avez par exemple assumé les missions d’un collègue en plus des vôtres, vous faites donc économiser un salaire à la boîte… Vous avez permis par votre travail de répondre aux demandes de trois nouveaux clients… Vous travaillez vite et faites gagner à l’entreprise une demi-journée par semaine… Le plus efficace étant d’arriver à chiffrer l’impact de vos missions sur des ventes ou des économies pour l’entreprise. Et pour encore plus d’efficacité, n’hésitez pas à vous munir de quelques documents « parlants » : tableau récapitulatif de vos résultats, feuilles de temps passé, mails de clients satisfaits…
  • Ne parlez pas des autres. C’est éliminatoire. Certes, vous savez que Bidule fait le même travail que vous pour 300 euros de plus. Gardez-le en tête pour vous motiver lors de votre négociation, mais surtout n’en parlez pas. Votre manager reste le décisionnaire : s’il a envie de payer votre collègue plus que vous, cela ne vous regarde pas. L’idée est que vous argumentiez sur votre travail, mais pas que vous critiquiez le sien.
  • Projetez-le dans le futur. Le passé est le passé : l’année dernière vous avez fait 60h par semaine, bien, mais ne confondez pas rémunération et récompense, vous n’êtes plus un enfant. Votre boss a probablement de la reconnaissance pour votre implication, mais il ne peut pas vous payer plus juste parce qu’il y a un an vous avez travaillé comme un forcené. Par contre, si c’est toujours le cas aujourd’hui, et surtout demain, votre demande d’augmentation devient dans son esprit un axe de motivation, et c’est beaucoup plus parlant pour un manager : il faut vous motiver à continuer. Dans cet esprit, il est intéressant d’arriver en rendez-vous avec des propositions de ce que vous pourriez faire en plus : vous avez une compétence jusqu’alors inexploitée et que vous pourriez mettre à profit… Vous avez envie de davantage vous investir sur telle ou telle mission… En résumé, montrez-lui que vous ne le prenez pas pour une vache à lait et que vous avez compris que c’était donnant-donnant.
  • Soyez clair. Une fois votre argumentation déroulée, dites clairement ce que vous voulez. On a coutume de parler en pourcentage : annoncez de cette façon l’augmentation qui vous semblerait juste. Prévoyez éventuellement une alternative : un avantage en nature par exemple… Et surtout ne vous braquez pas si d’emblée il paraît rejeter votre demande. Expliquez que vous aviez besoin d’exposer vos souhaits, mais que vous êtes bien dans votre boulot et n’êtes pas en train de poser un ultimatum, que vous n’êtes pas à la minute… Bref, tout ce qui peut le rassurer et lui montrer qu’en tous les cas, vous restez « bon esprit ».

 

Préparez-vous à la suite

stockvault-man-looking-up127703Si vous avez pris soin de fixer une date de retour à la fin de votre entretien, tenez-vous-y et attendez que votre chef revienne vers vous. Sinon, un délai d’un mois avant de le relancer paraît raisonnable. Anticipez éventuellement un refus de sa part en réfléchissant à ce que cela impliquera pour vous : êtes-vous prêt en cas de réponse négative à quitter votre job, ou à attendre encore quelques mois ? Considérez-vous au contraire que vous avez tenté votre chance et que, peu importe le résultat, vous êtes quand même bien où vous êtes ? Le fait d’anticiper les conséquences permet de réagir davantage avec raison en cas de déception. N’oubliez pas qu’en toutes circonstances, il convient de garder son sang-froid et de rester d’humeur égale !

À l’inverse, sachez aussi anticiper une réponse positive. En évitant de vous répandre auprès de vos collègues sur cette demande d’augmentation. Ne parlez à personne du contenu de votre entrevue avec Duboss, cela évitera les jalousies si du jour au lendemain on s’aperçoit que vous avez la banane de celui qui vient de remporter le jackpot !

Crédits photo : Stockvault, Freepik

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