J’ai du mal à travailler en équipe : comment faire ?

apprendre-a-travailler-en-equipe-en-entrepriseDéjà à l’école, l’idée d’un exposé collectif vous collait des angoisses nocturnes. Et aujourd’hui, rien n’a changé : dès qu’on vous met 2-3 collègues dans les pattes pour bosser, vous suffoquez. Rien à voir avec un éventuel problème de sociabilité, vous aimez bien les gens et ceux avec qui vous travaillez. Simplement, vous n’êtes pas le champion du travail en groupe, qui finit souvent dans votre cas par de l’amertume, de la frustration, ou pire des conflits avec les autres collaborateurs. Comment mieux vivre ces situations ? Voici quelques pistes de réflexion.

Phase 1 : un peu de remise en question

ne-pas-savoir-travailler-en-equipeAvant de présupposer que vous n’êtes entouré que de gros nazes avec qui il serait même impossible de créer une slide de titre d’un Power-Point, posez-vous quelques questions.

  • Êtes-vous suffisamment ouverts aux autres ? Autrement dit, êtes-vous naturellement dans de bonnes dispositions à l’égard de vos collègues ? Bien sûr, on porte tous des tas d’étiquettes sur le front en entreprise (et les collègues-boulets existent réellement, on est d’accord), mais le travail collaboratif demande de savoir passer outre. Plutôt que ressasser les remarques idiotes de Machine et Bidule pendant la réunion de lancement de votre projet, concentrez-vous sur ce qu’ils peuvent avoir au contraire de positif. Ils sont un peu naïfs ? Très bien, un peu de fraîcheur peut faire du bien à votre projet. Ils sont au contraire trop critiques ? Voyez-y une chance pour vous d’anticiper les possibles biais du dossier. Mettez-vous dans la position d’un activateur de talents : jouez à voir les compétences cachées de vos collègues et pariez dessus. Ce travail de management implicite vous permettra de vous concentrer sur la richesse de l’expérience, plutôt que sur les difficultés que vous rencontrez.
  • Ne mettez-vous pas la barre trop haut pour vos collègues ? Vous êtes du genre à demander à Mcdo vos frites sans sel pour être sûr qu’ils en refabriquent une fournée rien que pour vous ? Ou vous êtes légitimement doué dans votre métier, si bien que vous avez pris l’habitude de vous challenger constamment pour briller encore plus ? Soit. Acceptez qu’il n’en soit pas de même pour tout le monde. Cela s’appelle accepter la diversité, tout simplement. Efforcez-vous de ne pas juger les façons de faire de vos collègues en vous souvenant que vous n’êtes pas leur boss. Acceptez qu’une bonne idée ne naisse pas forcément d’heures douloureuses de labeur, mais parfois d’un simple échange. En bref, armez-vous d’humilité : les autres bossent différemment de vous, parfois moins bien certes, mais ils peuvent réussir à avoir tout autant de résultats !
  • Ou alors, vous vous en demandez trop à vous-même ? Et tremblez à l’idée de ne pas être à la hauteur ? Pas assez créatif, pas assez leader, pas assez efficace : vous êtes engoncé dans une autocritique qui vous paralyse. Résultat : dans un projet collectif, vous jouez la discrétion, voire la soumission au groupe, peinez à donner votre avis et finissez complètement frustré. Remettez les choses (et vous) à leur place : si vous êtes à ce poste, ce n’est pas pour rien, votre patron est peut-être sympa mais il ne garde pas les gens juste pour leur faire plaisir. Et arrêtez de mettre vos collègues sur un piédestal : si ça peut vous aider, cherchez leurs défauts, en vous concentrant un peu, vous en trouverez (plein).
Phase 2 : qu’est-ce qui vous pose vraiment problème dans le travail collectif ?

je-naime-pas-travail-d-equipe

  • Les « moments de travail tous ensemble ». Les réunions interminables, l’écoute « forcée » des avis de chacun pour faire plaisir à tout le monde, mais qui ne sert à rien concrètement… Les échanges qui n’en finissent pas sur des détails inintéressants. Vous, ce qui vous agace, ce sont les pertes de temps. Soyez malin : prenez les choses en main. Fixez des heures de début et de fin aux réunions, animez-les, et surtout limitez ces temps de réflexion un peu vides en proposant de laisser la main à tel ou tel collègue sur tel aspect, pour éviter de tout décider collectivement ! Le pendant incontournable étant évidemment de la boucler quand vos collègues présenteront ce qu’ils ont fait (même si du coup vous auriez fait autrement).
  • Les disparités de productivité : Martine n’en rame pas une, alors que Jean-Louis a bossé jour et nuit. C’est inévitable : on n’a pas tous la même implication dans son boulot. Plutôt que fliquer les traîne-savates, demandez-vous si l’organisation du groupe est efficace. Martine n’est peut-être pas à l’aise dans les tâches qu’elle se voit assigner. (Oui d’accord, c’est son job, c’est quand même grave, blablabla, oui. Mais vous n’êtes pas là pour évaluer la carrière de Martine : juste pour faire avancer votre dossier). Alors, revoyez la donne : et proposez par exemple à votre collègue de prendre la main sur ce qui lui plaît davantage !
  • Les aléas liés au travail à plusieurs : retards, erreurs, et oublis en tout genre, grrrrrr que c’est pénible. Bon. Déjà, relativisez : la boîte ne va pas s’arrêter de tourner parce que Gérard a oublié un mail ou fait une coquille. Ensuite, si vraiment, vous êtes addict au contrôle : assumez-le. Dites-le clairement à vos collègues en faisant preuve d’un peu d’autodérision et en leur demandant comme un service de vous laisser coordonner et vérifier les étapes du projet.
  • « Ils récoltent les lauriers de MON travail » : ouille ouille ouille, ALERTE EGO ALERTE EGO ALERTE EGO. Reconnaissez que pour penser de la sorte, vous devez avoir votre petite personne en haute estime ! Mais admettons qu’il y ait un fond de vérité et qu’effectivement, vous soyez CELUI sans qui rien ne serait arrivé, quand bien même, votre posture égocentrée n’est pas une bonne idée. L’entreprise aime le collectif, que ça vous plaise ou non, et rarement les grosses têtes qui tirent la couverture à eux. Revoyez votre copie : vous n’arriverez jamais à rien dans une boîte si vous ne voyez pas qu’au-delà de vos compétences, on attend de vous que vous fassiez partie d’une équipe.
Phase 3 : désinvestissez (un peu) les projets collectifs

cool

Si après toutes ces petites introspections, c’est encore la boule au ventre que vous attaquez les réunions sur ce projet, prenez du recul. Forcez-vous à vous désinvestir un petit peu du dossier : vous n’êtes pas obligé d’être en position de leader, ni même de TOUT donner ! Acceptez d’être un peu passif, un peu suiveur, et de prendre les choses avec détachement : vous verrez que le projet ne se portera pas plus mal, et avec un peu de chance, vous vous détendrez un peu au boulot !

Phase 4 : soudez votre équipe

soudez votre équipe

Le travail collaboratif peut aussi avoir ses petits plaisirs, qu’il convient de cultiver pour se fabriquer ensemble des souvenirs agréables et donc créer des liens affectifs entre collègues. Pensez aux réunions improvisées dans un café plutôt que dans une austère salle de réunion. Aux repas d’équipe à chaque étape du projet franchie, et à une petite fête quand tout sera fini. Distiller des moments agréables de ce type tout au long du dossier permettra de dépasser les petits couacs, les amertumes parfois naissantes, et de passer l’éponge sur les ratés des uns et des autres. Vous êtes tous dans la même galère : faites-en une aventure et n’oubliez pas les jolis moments. Ainsi, lors du prochain projet, vous retrouverez vos collègues avec moins d’appréhension, voire avec plaisir !

Crédits photo : freepik.com

Pas encore de commentaire.

Écrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *