Faire une réunion… avec soi-même

Faire une réunion… avec soi-mêmeAh des réunions vous n’en manquez pas, pas vrai ? Et elles sont parfois bien utiles pour faire avancer les projets. Ou pas, mais là n’est pas la question. A-t-on forcément besoin des autres pour avancer ? Non, pas toujours (exception faite du covoiturage, mais c’est un autre sujet). On tend, à l’heure de l’addiction au Doodle et autres symptômes de la réunionite aigüe, à oublier qu’il est tout à fait essentiel de se retrouver aussi seul, concentré, face à ses tâches, ses missions, ses challenges pour être tout aussi efficace. On ne parle pas de bosser seul, ça, on se doute bien que vous le faites déjà. Mais de vous accorder cette fameuse réunion avec vous-même, pour donner une autre dimension à votre travail et votre carrière.

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Pourquoi réunioner seul ?
  • Parce que dans le quotidien, on a l’impression de réfléchir et même de ne faire que ça, mais qu’en réalité on le fait très mal. Comment voulez-vous avancer correctement sur un dossier avec le téléphone qui sonne toutes les dix minutes, les notifications de mails, les collègues qui vous apostrophent… ? Impossible. Il est donc essentiel de s’octroyer de temps à autre une bulle de concentration.
  • Parce que dans une « réunion avec soi-même », il ne s’agit pas juste de réfléchir à un projet, mais de reconnecter ce projet et chaque tâche que vous menez à vous-même, votre place dans la boîte, ce qu’on attend vraiment de vous. Or, spontanément, quand on a la tête dans le guidon, on s’éparpille et on finit certes un dossier, mais parfois à des kilomètres de ce que Boss attendait ou de ce qu’il aurait mieux valu faire pour le bien de l’entreprise par exemple…
  • Parce que le travail est bien plus complexe que la simple réalisation de tâches. Travailler aujourd’hui, c’est aussi être un peu (beaucoup) stratège. Pour l’entreprise d’abord, parce qu’elle évolue dans un monde de relations et d’enjeux complexe. Et pour soi, parce qu’il est bien connu que ce n’est pas juste en faisant bien votre boulot que vous tirerez votre épingle du jeu.

 

 

Comment faire une réunion avec soi-même ?

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Exactement comme une réunion avec vos collègues. En se forçant à respecter quelques règles.

  • Définissez une date à l’avance, et ne laissez aucune tâche s’incruster à sa place dans votre agenda. Vous déciderez par exemple de vous retrouver avec vous-même tous les quinze jours, c’est un bon début.
  • Isolez-vous dans une salle de réunion. Évitez de vous prêter à l’exercice chez vous ou pendant votre pause déjeuner, sous prétexte de gagner du temps. L’idée est au contraire de considérer cette réunion avec vous-même comme du travail à part entière, qui s’inscrit dans votre cadre professionnel et dont vous attendez des résultats. Attention, il ne s’agit pas juste d’une expérience méditative ou d’une bulle de mieux-être, mais plutôt de travailler en pleine conscience pour reprendre l’expression du moment.
  • 30 minutes, c’est bien. Au-delà, vous vous endormez, sauf que là, en plus, vous n’avez personne pour vous réveiller.
  • Fixez un objet à la réunion. Il ne s’agit pas de balayer votre to-do list, sinon cette réunion ne sera rien qu’un vulgaire état des lieux de votre quotidien. Choisissez un sujet précis : un dossier qui vous agace, un problème avec un collègue, une nouvelle mission que vous ne savez pas aborder, un souci de management… Ou tout simplement, le point sur votre poste, vos succès, vos échecs récents…
  • Pas de Power-Point, évidemment, on a dit réunion, pas torture.
  • Exposez le sujet, son contexte, ses enjeux, sa problématique. Puis donnez-vous la parole, comme si vous consultiez un avis extérieur.
  • Prenez des notes de vos constats, idées, suggestions. Et gardez précieusement ces petits papiers, pour, d’une réunion sur l’autre, voir si vous avez bien suivi vos engagements.
Votre méthodologie pour aborder la réunion

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Le principe consiste à prendre du recul sur votre quotidien et à remettre en perspective les différents sujets qui vous questionnent. Voici un plan type pour mener votre entretien avec vous-même…

  • Commencez toujours par resituer votre poste, votre mission ou le sujet de votre travail : que vous demande-t-on ?
  • Pourquoi vous a-t-on choisi vous, plutôt qu’un autre pour cela ?
  • Pourquoi vous demande-t-on cela ? Qu’est-ce que cela apporte à la boîte ?
  • Quelles sont les attentes réelles, sous-jacentes, derrière l’objectif officiel ? Qu’espère votre patron à travers votre travail, le dossier que vous menez… Que cherche-t-il ?
  • Quelle est la situation de l’entreprise ? Sur son marché, par exemple. Si l’on vous demande de devenir leader alors que vous bossez dans une TPE avec 30 groupes internationaux en face de vous, cela vous aidera à relativiser. Mais aussi peut-être à envisager des solutions plus justes et judicieuses.
  • Quelle serait la solution idéale pour l’entreprise ?
  • En êtes-vous sûr ? Sinon, restez ouvert à la critique !
  • Quelle serait maintenant la solution idéale pour vous ? Pour votre intérêt, votre image, votre carrière ?
  • Et enfin quelle serait la solution idéale pour votre confort ? Pour éviter les usines à gaz, trop d’heures sup’, trop de réunions…
  • Y-a-t-il possibilité de réunir d’une façon ou d’une autre ces trois solutions idéales ? Si oui, bingo, votre problème est réglé, y a plus qu’à… Sinon : quelle solution choisissez-vous de privilégier en tout état de cause, et sans regrets ?

Après avoir suivi ce raisonnement, vous n’aurez pas forcément la meilleure des meilleures solutions. Mais vous aurez pris une décision en prenant compte de tous les tenants et les aboutissants, et en pleine conscience des conséquences de votre parti pris.

 

Quels bénéfices ?

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Du zen, tout d’abord. Rien de plus confortable dans la vie professionnelle que prendre des décisions, en ayant le doux sentiment de ne pas avoir réagi bêtement à une situation, mais bien d’avoir pris le temps de répondre à un problème qui se posait à vous.

Du temps, également. Combien d’heures perdues à tergiverser parce que tout s’embrouille dans votre tête, entre vos envies, vos vraies motivations, ce qu’on attend de vous… Faire ce petit exercice revient à analyser de façon quasi mathématique chaque sujet. Loin des émotions épuisantes du quotidien…

De la crédibilité enfin. Être clair avec soi-même, c’est l’être aussi avec les autres. Et même si votre vision n’est pas toujours partagée, vous accueillerez les contre-arguments avec davantage d’ouverture. Un gain de confiance en soi précieux, pour savoir aussi faire confiance aux autres… Lors de vos prochaines réunions ! 😉

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