Entretiens d’évaluation de fin d’année : comment être au top ?

La date approche à grands pas…entretien-evaluation-entreprise Et il est plus que temps de vous en préoccuper… Noël ? Non, là vous avez le droit comme chaque année d’être en retard et de faire vos cadeaux le 24, dans la plus parfaite désorganisation. Non, parlons d’un rendez-vous un peu moins festif, quoique non dépourvu de surprises : l’entretien de fin d’année. Il y a les bons élèves, managers comme salariés, qui se prêtent avec enthousiasme à l’exercice, et puis il y a ceux pour qui faire les vitres de la tour Montparnasse serait une corvée moins pénible. Comme de toute façon, tout le monde va y passer, autant le faire avec intelligence, à défaut d’entrain. Nos conseils.

salarie-preparation-entretien-evaluationSi vous êtes salarié…

Conseil N°1 : semez en amont – mais pas trop en amont

Vous avez peut-être fait le coup du siècle en janvier dernier, figurez-vous que là on est en novembre. Donc à part vous, qui repensez la larme à l’œil à votre insoutenable talent dans ce projet qui a rapporté plusieurs millions à la boîte, personne ne s’en souvient avec autant d’émotions. Ne comptez donc pas trop sur vos faits d’armes d’il y a six mois, mais plutôt sur les quelques semaines qui vont précéder le D-Day de l’entretien. Evidemment, soyez aimable et dynamique (encore) plus qu’à l’accoutumée, et faites en sorte de marquer les esprits d’une façon ou d’une autre : restez un soir aider un collègue en pleine charrette, portez-vous volontaire pour un projet ‘patate chaude’ que les autres évitent depuis des mois. Bref, faites-vous remarquer par votre travail et votre optimisme.

Conseil N°2 : préparez votre entretien – de A à Z, pas juste un peu

Essayez de récupérer en amont la grille d’évaluation si vous ne l’avez pas déjà entre les mains, et préparez tout : votre autocritique, vos réussites, vos axes d’amélioration… Comme si vous étiez votre propre boss et en prenant soin de réfléchir à ce que vous allez dire. La spontanéité est mauvaise conseillère en entretien d’évaluation. Faute de préparation, quand on évoquera avec vous votre gros plantage sur le dossier Duchemol, vous pourriez bien vous énerver ou ne rien trouver à dire. Anticipez l’explication que vous donnerez, ainsi que tous les faits positifs qui permettront de détourner l’attention de ce fâcheux épisode. Côté réussites, mettez-vous du côté du patron : vous avez peut-être excellé sur le dossier X, si ses compétences opérationnelles ne lui permettent pas d’apprécier l’exemple à sa juste valeur, cela ne vous servira à rien. Son dada à lui, c’est plutôt le côté « cadre qui s’investit pour la collectivité » ? Qu’à cela ne tienne ! Rappelez-lui que vous avez formé trois jeunes gens, participé au journal de la boîte et initié une nouvelle réunion mensuelle de partage d’expériences.

Conseil N°3 : à propos des augmentations

Beaucoup de managers précisent que ces entretiens d’évaluation sont déconnectés des questions de rémunération. Respectez le cadre et évitez en conséquence d’attaquer l’entretien en quémandant une pièce supplémentaire pour vous acheter de nouvelles chaussettes. Par contre, ne soyez pas naïf non plus : si vous avez un problème avec votre rémunération, quand pensez-vous qu’il sera opportun de le dire ? Au moment où l’on vous attribue vos bonnes notes ou dans trois mois quand vous serez en plein burn-out ? Glissez vos desiderata sans être lourd, mais avec clarté : un « je pense que ma rémunération est insuffisante » assumé sera toujours plus efficace qu’un timide « il paraît qu’il y a une prime cette année… ». N’oubliez pas enfin que vous ne faites pas la quête. Vous exprimez un besoin, il vous répond, vous avisez. Si vous n’êtes pas content, inutile de faire des drames, cela ne changera rien.

Conseil N°4 : petit guide de la manipulation

On dit souvent qu’il faut être « vrai » lors de cet exercice. À part dans un Disney, ça reste encore à démontrer. L’objectif du manager : que vous entendiez ses messages et restiez motivé. Votre objectif : qu’il entende vos messages et que vous restiez motivé ? FAUX. Votre but absolu est que votre quotidien se passe bien et que votre carrière évolue à peu près comme vous le voulez. Et pour cela, votre objectif lors de cet entretien est que votre boss ait une bonne image de vous et soit satisfait. Point. Mettez donc de côté votre égo et tout ce que vous rêvez de lui dire depuis des mois, accusez les critiques avec calme et ouverture. Restez positif pendant tout l’entretien. Si vous avez un gros reproche à formuler, sachez attendre le bon moment, y mettre la forme et pesez bien avant l’intérêt de lâcher votre bombe : espérez-vous vraiment un changement ou voulez-vous simplement soulager votre petite colère ?

manager-entretien-evaluationSi vous êtes manager…

Conseil N°1 : On n’est pas à l’école des fans

Ni à l’école tout court d’ailleurs. Donc, ok les systèmes de notations sont parfois tout à fait puérils et pas forcément faciles à manier, mais vous seriez bien naïf de croire que vos collaborateurs sauront faire preuve de recul sur le système. Si vous ne mettez que des 10/10, attendez-vous à quelques questions de la part de cette employée qui plafonne au SMIC depuis des années. Si à l’inverse, vous alignez les 2/10, préparez-vous à ce que ce salarié vous rappelle qu’il a signé les trois plus gros clients de l’entreprise. Bref, mettez de côté vos sentiments personnels et notez de la façon la plus objective possible, en évitant les excès. Ayez enfin en tête que certaines notes blesseront ou galvaniseront vos collaborateurs : à vous d’anticiper les conséquences.

Conseil N°2 : à propos de la rémunération

Ne faites pas l’autruche, c’est le nerf de la guerre. Rien ne sert d’éviter le sujet à tous prix, vous allez agacer tout le monde. Assumez plutôt votre position : « non, tu n’auras pas d’augmentation pour telle et telle raison », « oui, j’aimerais t’en donner une, mais la santé de la boîte ne le permet pas », « je n’ai encore pas idée de la façon dont les budgets vont être répartis ». Bref, mettez les pieds dans le plat : vos collaborateurs auront au moins l’impression que vous ne les prenez pas pour des pigeons et que vous assumez votre statut.

Conseil N°3 : préparez vraiment les entretiens

Rien de pire qu’un manager qui arrive essoufflé à un entretien « désolé, suis débordé, j’ai rien préparé, on va improviser ». Le collaborateur le prendra immanquablement comme de l’irrespect et aura bien du mal à accepter les critiques d’un supérieur qui ne sait pas donner l’exemple en termes d’organisation et de responsabilités. N’oubliez pas que les salariés sont en général plutôt stressés lors de ce rendez-vous qu’ils attendent comme une occasion rare d’échanger sur leur quotidien. Bâcler l’exercice, c’est envoyer le signe que, même pour ce moment important, vous n’êtes pas capable de vous rendre vraiment disponible.

Conseil N°4 : laissez une trace écrite – et gardez-la

Remettez après l’entretien un double du compte rendu au salarié : preuve que vous avez entendu ses remarques et que le rendez-vous n’a pas été pour vous qu’une obligation à remplir, mais un vrai outil de management. Naturellement, évitez de perdre votre exemplaire qui vous sera utile l’année prochaine afin de faire le point sur l’évolution du collaborateur. Commencer un entretien en année N+1 en annonçant avec nonchalance « je ne sais plus ce qu’on s’était dit l’année dernière » vous disqualifiera, vous, ainsi que le process d’entretien lui-même, aux yeux du salarié.

Bonnes éval’ à tous !

Crédits photos : Stock Photo, Photl.com

1 Commentaire
  • Gaëlle Rougeron
    novembre 24, 2014

    A l’heure de la réforme des entretiens (annuels, à 1 an, à 6 ans), avez-vous pensé à une grille d’entretien qui serait « RSE oriented » en complément de la traditionnelle évaluation de votre boulot ? c’est le moment aussi !

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