Débordé, trop de boulot… Mais en faites-vous vraiment plus que la moyenne ?

travailler-trop-burn-outN’importe quel manager vous le dira : on a tous l’impression de « faire plus ». Les salariés clament souvent à tort et à travers qu’ils en font beauuuucoup plus que leurs collègues et surtout, que ce qu’on serait en droit d’attendre d’eux. Et n’importe quel patron vous dira que tous les managers lui murmurent également régulièrement la même rengaine. Avouez que vous-même en lisant ces lignes vous vous retrouvez : même si vous ne passez pas votre temps à le répéter à vos boss, vous l’avez en vous… Ce petit sentiment de faire plus que ce qu’on vous demande dans votre job, sans que personne ne se rende compte de « TOUT ce que vous faites pour la boîte ». Si cela ne vous perturbe pas outre mesure, tout va bien. Vous vous passez un peu de pommade en vous sentant indispensable à la société et au monde : rien de mal à cela. Quand par contre, cette impression finit par générer de l’aigreur et par être sur vos lèvres quinze fois par jour, il faut réagir avant de plomber définitivement votre moral et votre image… Et pour cela, il suffit de se poser une question, simple et tellement évidente que personne n’y pense : ai-je raison ? Est-ce que vraiment, objectivement, j’en fais beaucoup plus que la moyenne dans ce job ?

Je travaille beaucoup… mais cela me dérange-t-il vraiment ?

Première étape : faire le tri entre la râlerie de passage et le vrai problème de fond. Vous vous plaignez de travailler beaucoup, mais posez-vous vraiment la question : est-ce qu’au fond, cela vous dérange tant que cela ? Ne faites-vous pas partie de ces gens qui ont besoin d’investir massivement leur boulot ? Ne critiquez-vous pas votre job et votre patron, juste pour la forme, par convention sociale, tout en sachant qu’en vérité vous ne vous verriez pas bosser autrement ? Si c’est le cas, fin du débat. Sinon, passez à l’étape suivante !

« Je fais des heures sup’ » ne veut pas forcément dire « je travaille plus que les autres »

Attention aux fausses impressions que peuvent induire à tort des horaires à rallonge. Sur le banc des accusés : les emplois du temps mal organisés, les postes mal maîtrisés… voire carrément le manque de compétences. Car ce paradoxe n’est pas rare : un collaborateur se sent « exploité » alors qu’il est en réalité loin d’être efficace. Médaille d’or aux professionnels du présentéisme, comprenez les experts des journées pause café-réunion-papotage-réunion bis-papotage bis-et bam il est 18h et c’est maintenant seulement que je commence vraiment ma journée et re-bam je finis à minuit et me plaint de passer ma vie au boulot.

travailler-trop-burn-outVérifiez que vous n’êtes pas dans ce cas de figure : vos autres collègues, à responsabilités comparables, partent-ils aussi tard que vous ? Comment se comportait votre prédécesseur ? Quels résultats avait-il en plus ou en moins par rapport à vous ? Et plus simplement : soyez honnête avec vous-même, avez-vous l’impression d’optimiser vos journées ou d’être à la hauteur du poste que vous assurez ? En cas de doute, une petite remise en question de vos méthodologies de travail, une discussion avec Boss ou une formation pourraient être des solutions pour limiter les dépassements d’agenda et retrouver plus d’objectivité sur votre réel investissement au boulot.

Je remets à plat ma fiche de poste

???Bien souvent d’ailleurs, elle n’existe pas. Lister noir sur blanc toutes les missions qu’on est censé mener dans une fonction est pourtant utile.

  • …Pour y voir clair sur sa quantité de travail. Il y a des tâches toutes bêtes qui en réalité sont très consommatrices de temps (organiser des réunions par exemple peut sembler tout à fait anecdotique, mais demande parfois plusieurs heures sur un mois selon la difficulté à coordonner les services concernés, à mettre tout le monde d’accord…). À l’inverse, certaines tâches nous paraissent énormes, souvent parce que nous ne les portons pas dans notre cœur, alors qu’en fait, objectivement, le temps à y passer est très raisonnable (faire des maudits comptes-rendus de réunions par exemple).
  • Pour réaliser si objectivement, on est à côté de la plaque versus la fiche de poste typique de notre fonction (exemple : on est responsable RH et on fait aussi la com’ de la boîte et un peu de compta…). Ou si au contraire, on s’est un peu monté la tête et que finalement il n’y a rien d’extraordinaire dans les tâches qu’on nous a confiées.
  • Pour voir ce qu’on se rajoute soi-même… Le cas classique : vous êtes responsable du CE et cela vous prend beaucoup de temps… Vous pouvez avoir le sentiment d’avoir un travail qui vous en demande trop, alors que la gestion du CE n’a rien à voir avec votre poste d’origine et qu’a priori c’est vous qui avez été chercher ces responsabilités supplémentaires. Idem pour les bonnes âmes qui, là, participent à l’organisation d’un séminaire, là, à l’accueil des p’tits nouveaux, là au sapin de Noël de la boîte. C’est tout à votre honneur… à condition que vous gardiez les idées claires : vous travaillez plus mais cela n’a rien à voir avec la définition de votre poste.
Qui me demande d’en faire plus ?

Un peu d’introspection au programme ! Parce qu’il est fréquent pour un salarié de s’apercevoir qu’il va de lui-même (bien) au-delà de ce qu’on lui demande à l’origine. Ou qu’il se met une pression beaucoup plus forte que celle que tous ses boss réunis n’oseraient même pas envisager. Si effectivement, vous réalisez que vous vous mettez tout seul la tête sous l’eau, il peut être utile d’en chercher la raison. Qu’essayez-vous de (vous) prouver ? Que faire pour changer et vous sentir mieux ? Vous comprendrez aisément que si le problème vient de là, vous ne pouvez pas vous tourner vers vos boss pour le résoudre. Vous risquez même d’en agacer plus d’un avec vos exploits tous les quatre matins, et surtout les demandes d’augmentation et de reconnaissance qui vont avec… Préparez-vous à de grandes désillusions en entendant par exemple que personne ne vous aura demandé de vous investir à ce point… Rien d’illogique, même si c’est rageant. N’oubliez pas que vous êtes au boulot pour répondre à un besoin de votre boss, à une mission, pas pour résoudre vos propres conflits intérieurs.

Les autres en font-ils plus aussi ?

travailler-trop-burn-outSi après toutes ces interrogations, vous en arrivez à la conclusion qu’effectivement on vous en demande beaucoup, il convient encore de passer une étape de réflexion avant de réclamer justice ! En général, mieux vaut éviter de se comparer aux autres, mais dans certains cas, c’est salutaire. En l’occurrence, observez de plus près vos collègues : le nombre de dossiers qu’ils traitent, le rythme de leur journée, leurs résultats. Si vous êtes dans une boîte où tous les collaborateurs bossent comme des fous, il n’y a quasi aucune chance que votre complainte trouve une oreille réceptive. Vous avez certainement raison dans le fond, on vous presse bien le citron, mais à partir du moment où tous les salariés sont logés à la même enseigne, vous n’êtes pas plus légitime qu’un autre à vous en plaindre… Dites au revoir à votre demande d’augmentation si son argumentation ne reposait que sur votre fameuse implication. Ou plutôt : cherchez vite un autre angle pour l’obtenir (ou au pire… partir !).

Crédits photos : freepik.com

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