Comment réagir quand on vous fait une GROSSE et VILAINE crasse au boulot ?

crasse-entre-colleguesMal, il y a des chances. Alors, un, deux, trois, quatre on inspire, on bloque 7 secondes puis on expire les 8 suivantes (si vous ne connaissiez pas cette technique, entre parenthèses, c’est fort efficace). Mais après ? Il fut un lointain temps où vous auriez pu régler tout ça avec une invitation à se retrouver loin des pions derrière le bahut (oui, on est un peu badass chez weepil). Mais aujourd’hui que vous êtes à l’âge d’avoir un compte fidélité chez Super U (et de compter combien de points il vous reste jusqu’au grille-pain, qui plus est), que vous roulez en Picasso et passez vos samedis soirs devant the Voice, vous ne pouvez décemment plus. Et comme tout le monde est généralement d’accord pour dire que l’indifférence est la meilleure des solutions, mais que dans les faits, personne ne parvient jamais à mettre en pratique cette belle théorie, il vous faut un plan d’action.

Crédit photo : Stockvault

Mettons-nous en situation : Jean-Pascal VS Nathalie

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  • Nathalie est, comme qui dirait, une salariée sans histoire. Elle fait bien son boulot sans prétendre non plus au titre d’employé du mois, elle s’entend bien avec les gens, le boss l’apprécie. Bref, ça roule pour Nathalie.
  • Jean-Pascal est du genre salarié zélé, et d’un tempérament plus impétueux. Passionné par son boulot, il est partout, tout le temps, dans les petits papiers du boss, et un peu craint par la plupart de ses collègues, il faut bien le dire.

Et un jour… Jean-Pascal se retrouve sur un dossier de Nathalie, découvre qu’elle ne fait pas « comme, lui, ferait » et décide d’en parler au chef (parfaitement conscient du tort qu’il cause, cela va de soi)…

Deux jours plus tard, Nathalie est convoquée par son N+1 qui l’exhorte à mieux gérer ses dossiers. Surprise, elle s’agace, se justifie (confortant ainsi Duboss dans l’idée qu’elle a bien quelque chose à se reprocher) puis fait le lien avec Jeannot et quitte le bureau hors de ses gonds.

C’est bon, vous voyez la scène ? Alors, la grande question : que doit faire Nathalie ?

Tout d’abord, ce qu’il ne faut pas faire.

1 – Débarquer furax dans le bureau de Jean-Pascal avec de grandes déclarations du siècle des Lumières comme « moi je me cache pas pour dire ce que j’ai à dire, je viens te voir et te le dis en face » Vous êtes sérieux ? Il n’y a absolument aucune chance qu’un pétage de plomb vous apporte quoique ce soit de positif.

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Certes votre fierté vous fera miroiter, pendant un quart d’heure, un regain de batterie, mais redescendra ensuite trois étages plus bas quand vous constaterez, impuissant, que votre image est à présent en miettes… Quant à Jean-Pascal, n’oubliez pas qu’il n’a que faire de passer pour un minable auprès des collègues : il verra par contre aisément, dans votre moment de folie, l’occasion de se victimiser auprès de la direction et de vous enfoncer un peu plus…

2 – Ne pas tenir compte du poste et des accointances de Jean-Pascal.

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Soyez lucide : si Jean-Pascal est proche de Duboss au point de prendre l’apéro chez lui tous les vendredis soirs, et que vous lui faites un scandale dans le couloir comme un hystérique… À qui pensez-vous honnêtement que votre chef accordera spontanément le plus de crédit ?

3 – Organiser un débriefing à la machine à café avec vos collègues que vous aimez bien, et médire sur Jean-Pascal pendant une heure.

Sur le coup, vous allez croire que c’est salutaire, mais en réalité, vous allez juste un peu plus animer votre colère… À force de raconter, critiquer, répéter, déformer, vous faites d’un simple incident de bureau l’affaire du siècle et vous vous auto-persuadez de la gravité de la chose, alors qu’il vous faudrait au contraire relativiser pour retrouver vos nerfs et votre intelligence. Sans compter que vos amis d’open space vont eux-mêmes raconter, critiquer, répéter, déformer, jusqu’à ce que ça arrive aux oreilles de Jean-Pascal, qui sera au mieux ravi de son petit effet, au pire encore plus motivé à vous nuire.

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4 – Faire semblant que ça vous passe au-dessus, alors que ce n’est pas le cas.

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Si vous n’arrivez pas à faire semblant, cloîtrez-vous dans votre bureau et évitez Jean-Pascal quelques jours. Rien de pire que l’indifférence feinte et votre sourire crispé : sous vos airs de self-control auquel seul vous croyez, vous allez lui lâcher une pique (foireuse) à la première occasion. Débrouillez-vous pour faire redescendre la pression et esquivez tout contact tant que… cette histoire est encore trop sensible de votre côté.

5 – Rendre la pareille.

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Aller rapporter au patron que Jean-Pascal ne met jamais de feuille en plastique de présentation sur ses dossiers clients, par exemple. Pathétique. La vengeance au travail est un plat qui se digère mal. Votre boss vous trouvera puéril. Faites vous oublier, c’est plus sûr.

À faire

1 – Décortiquer la situation une fois pour toutes et déculpabiliser.

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Prenez une heure pour analyser ce qu’il s’est passé et n’y revenez plus. Jean-Pascal est-il coutumier de ce type de pratiques néo-nazies ? A-t-il fait d’autres victimes ? Il y a de fortes chances pour que vous ne soyez pas un cas isolé. Essayez d’y voir clair, et concluez. Ressasser un incident n’est déjà pas terrible, mais se demander en prime pendant six mois si « vous y êtes pour quelque chose » est carrément de l’ordre de la double peine. Ménagez-vous : vous êtes la victime du jour d’un monomaniaque, pas de bol, ça aurait tout à fait pu tomber sur un autre.

2 – Accepter les dérives de la vie de bureau comme les désagréments du quotidien.

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Dans notre vie de tous les jours, il nous arrive régulièrement de faire face à des personnes pas toujours folichonnes. Là, la nounou de vos enfants qui vous rentre dedans pour un rien, là un vendeur qui vous prend de haut, un voisin mal luné… On accuse le coup de ces moments désagréables et puis… On passe à autre chose. Au bureau, c’est pareil : tout n’est pas parfait. Les gens vivent ensemble, interagissent, avec leur lot de mauvaise humeur, de fatigue ou d’égoïsme… Laissez couler.

3 – Se fixer une date de  « clôture du dossier ».

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Vous y pensez nuit et jour depuis une semaine, n’arrivez plus à vous concentrer au boulot, bon, et bien disons qu’il ne sert à rien de lutter, vous en avez certainement besoin pour digérer. Mais pour que cette petite phase obsessionnelle ne tourne pas à la névrose, fixez-vous une date. De fin. « À partir de lundi prochain, je ne reviens plus là-dessus, c’est du passé. Je n’en parle plus et n’y pense plus ». Vous verrez, ça marche très bien.

4 – Ne pas laisser Jean-Pascal gagner : en gardant Duboss de votre côté.

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C’est le plus important et votre objectif n°1 : on a essayé de vous dézinguer, plutôt que focaliser sur l’attaque que vous avez subie, intéressez-vous aux conséquences. Laissez de côté l’agresseur, et demandez-vous ce que le chef pense de tout ça. Il y a de fortes chances qu’il ait d’autres chats à fouetter que se préoccuper de ces détails interpersonnels, mais il n’empêche qu’il en retiendra toutefois un petit quelque chose : votre nom, associé à la plainte d’un collaborateur. Moyen. Par conséquent, agissez : en commençant par éviter de donner de l’importance à tout cela, ne vous justifiez pas, relativisez, montrez-lui que, pour vous, ce petit incident n’en est même pas un. Ne dites surtout pas de mal de Jean-Pascal : soyez au-dessus de tout cela. Et profitez-en pour attirer l’attention de chef sur un nouveau projet que vous menez, une initiative, de bons résultats. Soyez jovial, léger et performant, de sorte que la tentative d’attentat de Jeannot n’effleure même pas l’ombre de votre capital sympathie.

5 – Évoquer l’incident avec humour et railler Jean-Pascal.

C’est LA meilleure façon de clore l’incident et de couper nette l’envie à Jean-Pascal de s’en prendre à nouveau à vous. C’est un exercice difficile néanmoins, qui demande un peu de préparation. Une fois que vous n’êtes plus en « colère », essayez de tourner tout cela à la dérision. Lors d’une réunion ou d’un déjeuner collectif, faites l’effort de vous rapprocher de Jeannot et de lui montrer que « tout est oublié ». Vous le prendrez assurément de court. Encore mieux : faites-lui une petite blague à propos de votre prise de tête du mois dernier, en vous moquant de vous-même mais aussi un peu de lui. Vous ferez mouche à tous les coups.

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