Boss workaholic : faut-il l’appeler ou pas pendant ses vacances ? (oui)

workaholic-patronVous, vous êtes très clair sur la question : qu’on ne vous dérange sous aucun prétexte pendant vos vacances. D’ailleurs, vous laissez votre téléphone pro au bureau. D’ailleurs bis, vous partez en prime dans un endroit qui ne capte pas. Et tiens, tant que vous y êtes, le mobile perso restera aussi à quai. Votre droit à la déconnexion, vous y tenez autant qu’à celui des congés payés, grand bien vous fasse. Et vous auriez tendance à penser que c’est pareil pour tout le monde. Et à respecter religieusement l’absence de vos collègues et patrons en été : les urgences attendront. C’est sans compter la frange workaholic de votre entourage professionnel, avec laquelle vous pourriez, au contraire, aller droit dans le mur en imposant un repos forcé !

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« Je pensais bien faire : à son retour, ma boss me détestait ».

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Nous avons rencontré, lors de l’un de nos covoiturages, une jeune femme, Fanny (qui se reconnaîtra), intarissable sur le sujet, et c’est elle qui nous a d’ailleurs inspiré ce billet. Nous débattions du droit à la déconnexion, de l’entreprise libérée et toutes ces gourmandises de la nouvelle vie de bureau, quand le thème des vacances est arrivé. Grosso modo tout le monde était bien d’accord sur le fait qu’appeler un salarié en vacances devrait être passible d’emprisonnement, sauf, sauf… pour les workaholics. Les présentéistes notoires qui justement crèvent littéralement à petit feu quand ils ne bossent pas. « J’ai failli me faire virer justement parce que je ne comprenais pas ça », nous expliqua Fanny rendant un vibrant hommage à la génération Y (lol). « Ma boss est une dingue de boulot, et en même temps, en souffre beaucoup. Toute l’année, elle est sous stress, pleure, se plaint de ne pas voir assez ses enfants. Alors, ma première année dans l’entreprise, quand ses congés sont arrivés, je me suis promis de ne pas la déranger. Je voyais les autres l’appeler quotidiennement, cela me faisait de la peine pour elle, et je me targuais d’être plus intelligente que la moyenne ». Contre toute attente, Fanny ne reçut pas les remerciements escomptés. « Quand elle est rentrée, elle était tout miel avec tout le monde, et au contraire très froide avec moi. Lors d’une réunion, elle a émis l’idée que j’aie profité de son absence pour avancer sans son aval… Bref, elle n’a rien voulu entendre. Depuis, je fais comme les autres et l’appelle au moins une fois par semaine pendant ses vacances, quitte à trouver des prétextes ». Édifiant non ? Mais tellement courant…

 

Déterminez les règles du jeu avec votre boss workaholic

La solution la plus simple pour ne pas commettre d’impair est encore d’éclaircir les attentes de votre N+1 avant son départ. Prenez les devants. Si vous le savez accro à son boulot comme à son smartphone, vous pouvez lui proposer de lui envoyer un petit topo par mail une fois par semaine et de ne le contacter qu’en cas d’urgence extrême. Il appréciera cette façon de garder le lien et le contrôle de façon soft. Vous pouvez aussi lui proposer de vous appeler chaque vendredi par exemple à 14h pour faire le point. Fixer un fonctionnement clair peut soulager un supérieur anxieux de laisser ses équipes seules aux commandes, et surtout éviter de votre côté les malentendus à son retour.

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Attention à la communication paradoxale

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L’une des grandes caractéristiques des workaholics consiste justement à renier totalement cette partie d’eux-mêmes : le genre à râler de recevoir un mail à 22h du PDG, et à répondre à 22h30. Ou encore le profil type du salarié qui revient au boulot un vendredi de pont, en s’exaspérant de son week-end gâché, et qui décide de revenir aussi le samedi pour boucler un dossier. Et bien sûr, c’est aussi ce genre de boss qui revient de congés en fustigeant son équipe incapable de se débrouiller seule, alors que sans nouvelles du front, c’est lui qui téléphone pour se rassurer… Bref, le workaholic est paradoxal : ne vous arrêtez donc pas aux propos d’un boss qui demande à ne pas être trop dérangé.

Un supérieur qui souhaite réellement « couper », vous le dira très clairement, en désignant un autre responsable vers qui vous tourner en son absence.

Observer les autres

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Dans une boîte, il y a toujours une façon très efficace de savoir commencer se comporter : identifier le fayot du boss, celui qui est dans les petits papiers depuis un siècle, et observer.

La seconde méthode pour ne pas se planter : faire comme tout le monde.

Tout cela n’est ni très rafraîchissant, ni très inspirant, mais sur ce coup-là, cela pourrait bien vous dépanner. Si tout l’open space appelle quotidiennement Duboss, entrez dans la danse aussi, après tout, vous n’êtes pas responsable de la réussite de ses vacances ni de son bonheur en famille.

Entre le trop et le trop peu

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Il ne s’agit pas non plus d’oublier que sur le papier N+1 est off. Autrement dit :

– si vous le harcelez quotidiennement, il n’est pas impossible qu’il vous trouve complètement nouille à son retour et, à raison, incapable d’avancer sans lui. Vous serez donc un peu finaud dans l’art de le consulter : prenant soin de mettre à votre compteur quelques prises d’initiatives que vous pourrez à son retour valoriser. Tout en lui laissant le complet pouvoir de décision sur les sujets que vous savez touchy, ou sur lesquels il aime bien se sentir indispensable.

– Excusez-vous toujours de le déranger (même si au fond vous savez qu’il n’attend que votre coup de fil). Vous, vous savez qu’il est workaholic et donc ravi de consulter des tableaux Excel au bord de la piscine. Mais lui, ne le sait pas. Il a, au contraire, besoin de mettre en scène son investissement hors norme et de voir que vous le reconnaissez dans sa qualité de bourreau de travail. Conclure chaque échange par un remerciement sur sa réactivité et ses précieux conseils «malgré » ses congés lui fera très plaisir.

Organisez-vous avec vos collègues pour mutualiser les « dérangements » et prendre un peu soin de N+1. Certes, il est incapable de s’occuper de son bien-être, mais rien ne vous interdit de l’aider un peu. Proposez à vos voisins de bureau d’organiser un phone call global, plutôt que laisser chacun appeler à tour de rôle Duboss. Entraidez-vous pour éviter de le solliciter sur un problème qu’un service aurait déjà eu à régler. Et mettez surtout de côté les sujets matériels certes enquiquinant mais loin d’être stratégiques : l’imprimante en panne, le livreur de café qui n’est pas passé etc. Rien de pire, même pour le plus dingo des workaholics que se voir déranger pour des peccadilles qu’il ne pourra de toute façon régler qu’à son retour…

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