Alerte rouge : les phrases-dangers au travail !

J'ai un projet bébéLa vie de bureau est une jungle, vous le savez. Il en faut peu pour être heureux : et ça commence par se taire aux bons moments, avec les bonnes personnes ! Une phrase peut faire bien des dégâts, sur votre relation avec les autres, votre progression dans l’entreprise, votre réputation. Si on enregistrait toutes les gaffes au boulot comme des accidents du travail, la sécu finirait par créer des failles sismiques. Alors tournons sept fois notre langue avant de nous taire : telle devrait être la devise pour prospérer en entreprise dans la paix.

La phrase à ne jamais dire à personne : « j’ai plus rien à faire ! »

J'ai plus rien à faireNiveau de danger estimé (pour votre tranquillité) : +++

Malheureux, n’oubliez pas qu’en entreprise, l’oisiveté est mère de tous les vices (chez les autres). Ne dites jamais que votre agenda est vide, sous peine d’attirer dangereusement l’attention sur votre charge de travail, voire l’intérêt de votre poste. À vous de prendre des initiatives qui peuvent aller dans le sens de votre fonction pour combler d’éventuels passages à vide de votre emploi du temps. Ou de vous porter volontaire pour participer au brainstorming de bidule, au projet de machin. Sans oublier de fayotter un peu ; ça ne fait de mal à personne de faire quelques visites de courtoisie aux collègues et aux chefs si en ce moment vous avez du temps.

La phrase à ne jamais dire à une collègue-maman : « je comprends que tes enfants passent avant ton boulot ».

Je comprends que tes enfants passent avant ton boulotNiveau de danger estimé (pour votre relation) : +++++++

Sous couvert d’un hommage à la beauté d’être mère, il y a derrière cette phrase comme un petit relent machiste qui veut surtout rappeler à la collègue en question sa posture de salariée de seconde zone. Naturellement que tout parent qui a la charge de récupérer ses enfants le soir mettra tout en œuvre (à commencer par vous dire NON pour votre réunion de 19h) pour partir pile à l’heure. Est-ce vraiment la peine de le souligner ? Est-ce qu’il faut vraiment créer une hiérarchie entre famille et boulot et empaqueter les gens dans des cases ? Est-ce que s’imposer un horaire fixe le soir signifie un renoncement à toute forme de carrière ? Bref, ne vous étonnez pas si votre collègue prend mal vos petits commentaires déguisés en compliment…

La phrase à ne jamais dire à un collègue licencié : « je suis désolé pour ton licenciement mais reconnais que tu l’as cherché… ».

Je suis désolé pour ton licenciement mais reconnais que tu l'as cherchéNiveau de danger estimé (pour votre arcade sourcilière) : +++

Les Prud’hommes ça vous dit quelque chose ? Eh bien justement, si votre collègue a besoin d’un avis, c’est à eux qu’il le demandera. Un collègue licencié est toujours, peu importe sa part de responsabilité, un collègue blessé. Alors au pire, ne dites rien, mais n’allez pas lui en rajouter une couche…

La phrase à ne jamais dire à un stagiaire : « si on te demande, tu ne dis pas que tu es stagiaire ».

Si on te demande tu ne dis pas que tu es stagiaireNiveau de danger estimé (pour son niveau de démotivation) : +++++

Ou comment rendre schizo une âme encore « corporatement » innocente au premier jour de son entrée dans la vie active. « Je suis stagiaire et gagne 500 pépettes par mois, sans un jour de congés » > « Mais je travaille comme un vrai poste à temps plein, voire jusqu’à 21h tous les soirs » > « Et donc je dois dire à tout le monde que je ne suis pas stagiaire » > Mais, mais… « Quand même… je gagne 500 pépettes par mois ». Tic tac tic tac : délai prévisible pour l’installation d’un sentiment d’amertume qui part très très mal pour votre collaboration : 1 mois. Vous prenez un stagiaire : assumez ! Et ne lui demandez pas d’être quelqu’un d’autre !

La phrase à ne jamais dire à un DRH : « je peux faire un bilan de compétences ? »

Je voudrais faire un bilan de compétencesNiveau de danger estimé (pour votre mise au placard) : +++

C’est le meilleur moyen que votre N+1 soit au courant dans les deux heures de vos envies de bougeotte, en interne, comme en externe… Et donc de votre potentielle insatisfaction du moment. Rarement bon, vous le savez bien.

La phrase à ne jamais dire à votre N+1 : « mon/ma conjoint(e) gagne très bien sa vie ».

Ma conjointe gagne très bien sa vieNiveau de danger estimé (pour votre future augmentation) : ++

Pourquoi vous augmenter si vous êtes déjà blindé ? Et ne nous dites pas que cela n’a rien à voir, bien sûr que si.

La phrase à ne jamais dire à un collaborateur qui part en vacances : « finalement tu ne peux pas décaler tes congés ? Partir dans un mois, c’est kif kif non ? »

Finalement tu peux déclarer tes congés ? Partir dans un mois, c'est kif-kif non ?Niveau de danger estimé (pour vos vacances à vous, pendant lesquelles il serait aisé pour lui de se venger en vous appelant tous les jours) : +++++++

Non. Ce n’est pas kif kif. Pour deux raisons principalement : 1. Le risque d’homicide volontaire par le conjoint/la famille/les amis/les enfants qui attendent les vacances avec impatience. 2. Tout est déjà réservé, et le commun des mortels aime généralement moyennement l’idée de perdre 300 euros d’arrhes pour vos beaux yeux. (Au passage, en proposant cela, vous induisez royalement que pour vous, des arrhes, c’est une peccadille, ce qui n’est pas malin pour votre capital sympathie).

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