7 phrases agaçantes de patron

patronOn lui accordera que d’être sans cesse sous le feu des projecteurs n’est pas chose aisée, et qu’il doit être fort désagréable d’être attendu au tournant à chacune de ses prises de parole. Certes. Mais il ne s’agit pas tellement de chipoter sur quelque maladresse de langage ou formulation imparfaite. Plutôt de lister ici ces bonnes grosses lourdeurs dans lesquelles petits et grands patrons se vautrent parfois sans aucune retenue. Comme c’est le boss qui parle, personne n’ose lui dire : que certaines de ses métaphores auraient davantage leur place dans les archives des années 80, ou que certains discours ne parviennent à motiver que l’érosion de son crédit. Bref, vous ne pouvez pas critiquer, mais nous oui. Patron, on n’a rien contre toi, on sait même que tu as le boulot le plus difficile, mais si tu nous lis… Voici le jeu de tes sept petites erreurs.

 

 

Dans cette boîte, on est avant tout une famille.Alors nous quand on entend ça, on a envie d’ajouter « d’autant que comme le dit l’adage, on ne choisit pas sa famille ». Une famille, c’est un quotidien et des souvenirs communs, d’accord. Mais c’est aussi des parents et des enfants, et c’est là que le bât blesse, parce qu’a priori on a besoin d’un travail, d’un chef, d’instructions, d’un salaire, mais d’un papa ou d’une maman de substitution…euh non. Ajoutons à cela que depuis les années 90, il y a de fortes chances pour que la boîte ait bien changé, et que la famille se soit drôlement déchirée et recomposée. Non franchement : on est peut-être une équipe, mais évitons le terme de famille !

 

 

 

Je suis comme un capitaine à la tête d’un navire.À croire que beaucoup de boss ont le pied marin, parce qu’ils sont nombreux à parler de « bateau », de « prendre le large », « garder le cap », « virer à bâbord » pour décrire leurs projets ou posture du moment. Attention au mal de mer : les salariés ont souvent du mal à digérer les figures impersonnelles, métaphores répétitives et autres discours aux airs de déjà vu.

 

 

 

Tu sais moi aussi, à cette heure, je préférerais être chez moi avec mes enfants.… Eh bien, cher patron, on a une bonne nouvelle pour toi : c’est toi qui décides ! Donc, vas-y : cours, vole, et profite de ta famille ! Rien de pire en effet qu’un patron qui se pose en victime pour justifier les heures sup de ses collaborateurs. Déjà parce que c’est une bien mauvaise idée de comparer sa propre posture à celle d’un salarié. Ensuite parce que quand on manage, exposer sa frustration amène plus souvent de l’incompréhension que de la compassion.

 

 

 

A quoi seriez-vous prêt pour progresser dans cette entreprise ?Au moins à perdre un bras et ma dignité, c’est suffisant vous pensez ? Mais qu’est-ce que c’est que cette question ? Les gens sont prêts à travailler, point.

 

 

Avec ce que tu me coûtes, j’espère que tu vas rapidement me rapporter des clients.C’est toujours très agréable d’être comparé à une marchandise ou une facture d’électricité. Et puis cette façon très classe de se positionner en propriétaire… Remarquez, au moins avec vous, on ne risque pas de se croire dans une scop.

 

 

Tu vois ta demande, là, c’est typique de la génération Y.Ou comment noyer un individu dans une masse informe générationnelle pour mieux noyer le poisson du même coup. Quand un salarié demande une augmentation ou émet une critique et qu’on lui sort le coup du profilage générationnel, il a plus de chances d’être très agacé que de s’émerveiller de vos révélations sociologiques. D’autant que, avouez : depuis que vous avez lu ce livre sur les générations Y et Z, vous passez quand même votre vie à ressortir vos extraits préférés.

 

 

Oh, tu sais, moi aussi, je viens d’un milieu modeste.Peut-on resituer le « milieu modeste » ? Parce que fils de médecin et d’avocat, désolé, mais c’est pas « milieu modeste ». « Fils de l’ancien patron de l’entreprise », c’est pas non plus « milieu modeste ». On ne dit pas non plus que vous êtes millionnaire, ni que tous les patrons naissent avec une cuillère d’argent dans la bouche. Mais nombreux sont ceux à prendre des airs de Causette comme si c’était plus chic de dire qu’on ne venait de nulle part… De quoi énerver ceux qui en viennent vraiment et surtout qui y sont toujours !

Crédit photo : Photl.com

Pas encore de commentaire.

Écrire un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *